Gérald Darmanin pointa à nouveau. Dimanche 24 juillet 2022 Le ministre de l’Intérieur a indiqué sur Twitter qu’un suspect interpellé pour des violences commises sur des policiers à Lyon va être expulsé.
Le suspect a depuis été disculpé, mais Gérald Darmanin a maintenu sa position, selon ses proches. On revient sur cette position controversée, vivement critiquée par l’opposition.
Acte I : mercredi 22 juillet, des images de l’agression brutale de trois policiers circulent sur les réseaux sociaux
Trois policiers ont été emmenés de force, mercredi 22 juillet, à Lyon, dans le quartier de la Guillotière, alors qu’ils tentaient d’interpeller une personne soupçonnée de vol. Dans une vidéo de la scène diffusée sur les réseaux sociaux, rapportée par le syndicat Alliance et le site d’information LyonMag, on peut voir trois policiers en civil, deux hommes et une femme, essuyer des coups de poing et en lancer dans la foule. devant l’entrée d’un dépanneur du centre-ville. Deux policiers ont été blessés.
Face à la violence des images, l’émotion est vive au sein de la classe politique. “Soutien total à nos 3 policiers victimes d’une violence insupportable à Lyon lors d’une opération de reconquête des terres contre le crime. A ma demande, tous les moyens sont mobilisés pour interpeller les auteurs. Agresser un policier, c’est attaquer la république”, avait alors réagi Gérald Darmanen.
Plusieurs responsables politiques LR et RN ont apporté leur soutien à la police cette semaine. La Première ministre Elizabeth Bourne, en déplacement vendredi à Vaulx-en-Velin, s’est dite “tout à fait en mesure de sanctionner ces comportements qui sont inacceptables”.
« Il faut respecter la république et cela commence par respecter la police. Des fonds supplémentaires seront disponibles. Naturellement, nous investirons les fonds nécessaires et si nous devons nous renforcer dans ces domaines, nous le ferons », a-t-elle déclaré.
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Acte II : Gérald Darmanin promet l’expulsion du suspect sur Twitter, le parquet annonce sa libération
Un suspect a été interpellé, a annoncé dimanche 25 juillet sur Twitter le ministre de l’Intérieur : « Des opérations de police sont en cours suite à l’attaque inacceptable contre des policiers de Lyon. L’un des contrevenants est un étranger, il a été détenu. Sur mes instructions, il a été détenu et sera expulsé.” “Les délinquants étrangers n’ont pas leur place en France”, a poursuivi le ministre.
Or, suite à cette publication, le parquet de Lyon a indiqué que “la personne interpellée hier (samedi) dans le cadre de l’enquête ouverte à Lyon contre le chef des violences contre des policiers dans la soirée du 20 juillet place Gabriel-Perry, a été libéré ce jour-là.”
“Il s’avère qu’elle est totalement disculpée dans le cadre des investigations qui ont été menées. L’enquête se poursuit activement pour identifier, localiser et arrêter les auteurs”, indique le parquet.
Acte III : La justification de Gerald Darmanen
Selon l’entourage de Gérald Darmanin dimanche après-midi, le suspect n’est pas en liberté. Il est au “centre de détention administrative depuis (dimanche) matin” et doit être expulsé. Selon le journal Le Progrès, le suspect est âgé de 26 ans et en situation irrégulière.
« Accessoirement ou non, connu pour de nombreuses accusations : vol, violence, menace de mort sur une autorité publique, possession de drogue, violence dans les fréquentations… cette personne n’a rien à faire dans notre pays, qui est généreux, si nous le respectons », a justifié Gérald Darmanin dans un second tweet.
Acte IV : Vives critiques de l’opposition dénonçant la “dérive”
Une position intolérable pour le maire écologiste de Grenoble, Eric Piol, qui a réagi sur Twitter en accusant Gérald Darmanin de « flirter ouvertement avec l’extrême droite en acceptant ses propos et ses idées » et qu’il « méprise(r) l’État de droit en assurant pour l’expulsion du “délinquant étranger” sans attendre les résultats des enquêtes. “Encore un symbole d’une dérive inquiétante et inquiétante”, a-t-il dit.
Interrogée par BFMTV, Isabelle Ramet, adjointe au maire du 6e arrondissement de Lyon, a critiqué la méthode : “J’ai l’impression que la politique gouvernementale se fait avec des tweets”, dénonce-t-elle, prônant “une communication plus détendue en concertation avec toutes les autorités et tous les élus”. .
Toujours sur BFMTV, l’écologiste adjoint du Rhône, Hubert Julien-Laferrière, a tenu les mêmes propos, s’engageant au passage avec Gérald Darmanin. “J’ai connu un Gérald Darmanin qui était plus prudent sur la présomption d’innocence dans d’autres cas […] Il faut d’abord donner à la police et à la justice les moyens de travailler”. Référence à la plainte pour viol contre le ministre de l’Intérieur, une affaire qui a bénéficié…
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