Dans les mémoires du Sérignacais le Lac des Graoussettes n’avait jamais connu un tel tumulte. Non loin des rives, au-delà de la forêt, dans un domaine privé, environ 4 000 personnes, 3 500 selon les autorités, ont débarqué lors d’une rave endiablée pour occuper les lieux et s’enivrer de house, de techno… Vers minuit, sur un Vendredi soir…
Dans les mémoires du Sérignacais le Lac des Graoussettes n’avait jamais connu un tel tumulte. Non loin des rives, au-delà de la forêt, dans un domaine privé, environ 4 000 personnes, 3 500 selon les autorités, ont débarqué lors d’une rave party endiablée pour occuper les lieux et s’enivrer de house, de techno… Vers minuit, sur le dans la nuit du vendredi 29 juillet, plusieurs semi-remorques sont arrivés sur les lieux. “Des gens extrêmement déterminés” selon la préfecture du Lot et Garonne. Au bout de quelques heures, une sonorisation de plusieurs mètres de haut a été installée, puis tout autour des pancartes indiquant “brochettes” ou “cocktails”. Des stands ont été érigés pour nourrir ou abreuver les fêtes déjà nombreuses. Dès 19 heures, les ratissages de la zone ont permis de dénombrer les véhicules – 550 camions légers et 250 poids lourds, camionnettes, camping-cars, etc. Ces derniers viennent de toute la France… de Bretagne, du Nord-Pas-de-Calais, de la région parisienne, mais aussi d’Europe avec la présence d’Espagnols, de Belges, de Hollandais ou d’Allemands.
Des haut-parleurs diffusent le son des deux côtés de l’échafaudage.
Annabelle Perrin
Dès leur arrivée, les forces de gendarmerie ont mobilisé une trentaine d’hommes, puis une quarantaine – des renforts de la région, une vingtaine de militaires sont en route – pour “sécuriser le site”, explique le commandant Stéphane Trentin de Villeneuve-sur-Lot. Il ne s’agit pas d’évacuer les terres, mais d’assurer la sécurité des personnes et des lieux. Car, je vous le rappelle, nous sommes toujours en vigilance orange pour danger d’incendie. La préfecture précise que nous ne sommes pas dans un massif forestier ici, mais elle appelle à la vigilance. Un camion de pompiers est stationné sur les lieux. La préfecture a également mandaté la mise en place d’un système de premiers secours de la Croix-Rouge au cas où. À ce jour, le cerveau n’a pas été identifié, ce qui limite toute action en justice pouvant être intentée.
Camper dans les bois
Du côté du lac de Graoussettes, le long des sentiers qui le longent, les célébrants ont installé leur campement. La fête pourrait durer jusqu’au lundi matin si l’on s’en tient au modèle classique de ce type d’événement. Dans la forêt entourant le terrain très fréquenté, des tentes sont montées et de nombreux hamacs sont suspendus d’arbre en arbre. A midi ils étaient déjà nombreux qui, après avoir passé la nuit à danser au son des caissons de basse, avaient choisi de se reposer dans l’herbe, à l’ombre. Beaucoup n’ont d’ailleurs pas hésité à profiter de l’eau pour se rafraîchir : « Il fait déjà très chaud », raconte une gloutonne, appelant une amie qui a décidé de la rejoindre.
Le lac de Graoussettes, entouré de bois, est généralement un endroit assez calme.
Annabelle Perrin
De l’autre côté du lac, les habitants du Ségalas-Pechabou, à la fois émerveillés et amusés, viennent “voir la fête”. De loin on distingue les échafaudages dressés sur le terrain qui supportent la sonorisation et l’éclairage. “Ce n’est pas très bruyant en ce moment”, explique le premier voisin sur le terrain, dont la maison est à 200 mètres. Mais si le vent tourne, alors nous sommes morts ! ajoute-t-il en souriant.
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