France

la sécheresse printanière hante les agriculteurs du Maine et de la Loire

Champ de blé géré par Denis Asseray, à Gennes-Val-de-Loire, le 12 mai 2022. Comme un quart de la production de blé, ce champ est extrêmement irrigué en raison de la sécheresse actuelle causée par le manque de pluie pendant la saison de recharge (hiver) et à partir de début avril. ADELIN PROD POUR LE MONDE

A une vingtaine de kilomètres au sud d’Angers (Maine et Loire), le long de la route départementale qui s’enfonce dans les terres d’Angers, les tiges d’herbe aux bords de la route sont courtes. Non pas qu’ils aient été coupés récemment, mais le soleil du printemps les a déjà brûlés. Le blé de Denis Aserai, agriculteur angevin de 57 ans, a tout autant de problèmes de prospérité.

Tout au bout d’une route sablonneuse et graveleuse, le Domaine de La Bruyère, situé sur la commune de Gennes-Val-de-Loire, s’étend sur 220 hectares de vignes et de céréales, du blé et du maïs à parts égales. A l’ombre de la grange, qui abrite une cinquantaine de vaches laitières, un imposant moulinet bleu, au bout duquel un canon jette de l’eau en pluie légère, achève son tour d’abreuvement.

“C’est la première année que j’arrose mon blé”, a déclaré l’agriculteur, qui est là depuis 1990. Les classes sont encore courtes, à peine formées, et certaines sont déjà blanches, signe d’une sécheresse sévère. De plus, les carrés de terre sont même si secs qu’ils sont “déjà bleus”. Situés en bout de parcelle ou sur des parties de terrain non irriguées, tout le monde ne bénéficie pas d’un arrosage artificiel. “Le grain ici n’est même pas fertilisé”, explique l’agriculteur, lâchant une classe blanchâtre. Le manque d’eau actuel est d’autant plus problématique qu’à cette période de l’année le développement du blé atteint sa phase décisive de croissance des grains, qui nécessite un apport en eau important.

Denis Asseri, agriculteur, à Gennes-Val-de-Loire, le 12 mai 2022. Il contrôlait par application les sondes implantées dans certaines de ses parcelles. La zone verte correspond à la réserve facile à utiliser (RFU). C’est la zone de confort de la plante. En bleu, saturation en eau. La récolte rouge souffre et nécessite un arrosage. ADELIN PROD POUR LE MONDE

Depuis début janvier, un peu moins de 135 millimètres de précipitations ont été enregistrés sur l’ensemble du département, avec une moyenne de 250 millimètres. Et depuis début avril moins de 45 millimètres, au lieu de 80, selon les données de Météo-France. Les fortes températures de ces derniers jours, flirtant parfois avec les 25°C, n’ont pas arrangé. A la mi-mai, la sécheresse a atteint le Maine et la Loire, à l’image de ce qui se passe dans une partie de la France.

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“Arrosez tout ce que vous pouvez”

Denis Aseray ne “se souvient pas[t] pas au printemps, si sec, si tôt ». La période de janvier à avril est en effet la plus sèche enregistrée dans le département depuis 1991, confirme Lionel Salveir, agent territorial de Météo-France en région Pays de la Loire. Les années précédentes, ces canicules ne se produisaient dans le département qu’avant l’été, fin mai ou début juin.

Thierry Chaillou, agriculteur à Brissac-Loire-Aubance, devant sa réserve d’eau, le 12 mai 2022 ADELINE PRAUD POUR LE MONDE

À environ cinq kilomètres à l’ouest, à Brissac-Loire-Obans, les récoltes de Thierry Chaillot, 56 ans, souffrent également. Au cœur de sa ferme de 460 hectares, la terre de ses champs de maïs lui glisse entre les doigts comme du sable. Mais la situation est moins problématique qu’avec le blé, explique-t-il, car le maïs vient d’être semé et il reste encore beaucoup de temps pour rattraper le manque d’eau.

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