France

La terre pleure nos abus passés

Nous en parlons depuis plus de 40 ans. Nous en faisons un thème central de nos campagnes électorales. Nous allons même jusqu’à marcher dans les rues pour la cause. Et pourtant, la planète vient nous rappeler, cet été, que tout n’est que façade.

Aux quatre coins du globe, la Terre crie nos abus passés, notre aveuglement volontaire.

Incendies et vagues de chaleur

L’impact du changement climatique sur les incendies de forêt a longtemps été débattu.

Alors que Los Angeles connaît sa pire sécheresse depuis 1 200 ans, il est carrément injuste de détourner le regard.

Lorsque les séquoias géants, qui ont non seulement résisté mais nourri les incendies de forêt pendant 500 voire 2 000 ans, sont finalement passés, le lien entre le climat et le feu est évident.

Quand les flammes détruisent les récoltes non pas d’un mais de trois pays européens à la fois, quand le pont de Londres doit être entouré d’un mur de protection pour le protéger, et que la piste d’un aéroport londonien fond sous les effets d’une chaleur extrême ; quand c’est la canicule au Québec en mai, quand la montée du niveau de la mer et l’érosion côtière menacent les Îles-de-la-Madeleine, on oserait espérer un réveil collectif face au fléau qui nous pend au nez.

Mais non. Eh bien, à peine.

On en parle, on s’inquiète, mais rien de plus.

Pourtant, le message est clair. Longtemps théorisé, l’effet du réchauffement climatique a un impact de plus en plus direct sur nos vies. Pire, ce n’est que l’aube d’une cascade qui ne fera que s’accélérer.

Confort

Cependant, pendant des années, nous avons été amenés à croire que cette bataille planétaire pouvait être gagnée sans trop de victimes.

Un peu de recyclage par-ci, de compostage par-là. Voiture électrique. Quelques éoliennes et beaucoup d’innovation, le nouveau graal.

Mais dans un monde alimenté par la croissance économique, une consommation toujours plus importante, un monde où l’on veut toujours plus grand, plus beau, on continue à foncer tête baissée.

Vous devez remplacer la tente par une remorque, puis vous avez besoin d’un gros SUV pour tracter la remorque. Ajoutez Facebook qui nous bombarde de publicités pour de nouvelles conneries, du kayak en origami à la chemise rafraîchissante pour Fido, et nous ne faisons qu’accélérer la grande destruction de la planète.

La science

L’INSPQ a confirmé en février dernier que les changements climatiques entraîneront une augmentation des maladies et des décès au Québec. Que les coûts s’élèveront à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

Avertissements répétés des plus grands experts de la planète.

L’ironie est que cette science à laquelle nous nous sommes accrochés pendant plus de deux ans de pandémie. Elle a été notre phare dans la nuit du cataclysme du Covid. Elle a même imposé des consensus politiques inimaginables à l’échelle internationale, persuadant les gouvernements de faire des choix aussi difficiles qu’impopulaires.

Alors pourquoi, alors que la science tire la sonnette d’alarme sur le réchauffement climatique et ses conséquences catastrophiques avec des rapports volumineux aussi épais que la Bible, lésinons-nous, atténuons-nous, relativisons-nous ?