Assisterons-nous à la même agonie sans fin que celle de l’ancien porte-avions Clemenceau ? Jugé bon à la ferraille par la France en 2003, l’ancien navire amiral de la Marine nationale française n’a finalement été déconstruit qu’en 2009 en Angleterre.
Entre les deux, une longue galère l’a vu refuser l’accès au canal de Suez, puis démantelé en Inde, le tout sous la pression d’ONG écologistes… avant que “Clem” ne soit contraint de faire un détour par l’Afrique pour retourner en Europe !
La Turquie demande un inventaire des substances dangereuses
L’an dernier, sa vente au chantier Sök Denizcilik, près d’Izmir en Turquie, devait sceller son destin. Il semble, pendant quelques heures, que ce ne sera pas le cas. Le ministre turc de l’Environnement Murat Kurum vient d’annoncer que son pays fermait ses eaux territoriales aux 24 000 tonnes d’acier du monstre.
“Nous avons toujours fait ce qui est exigé par le droit international à l’égard de tout navire qui vient dans notre pays pour des opérations de démantèlement. Nous n’avons autorisé aucune action qui nuirait à notre environnement et à notre peuple. Que notre nation repose en paix…” il a dit. Ce, après qu’il ait notamment expliqué que les autorités brésiliennes ne lui avaient pas fourni “l’inventaire des substances dangereuses” réclamé pour le bateau de 261m.
Actuellement en mer à quelques jours du détroit de Gibraltar
Parti le 4 août du Brésil, São Paulo longe désormais les côtes africaines, remorqué par le puissant remorqueur néerlandais Alp Center, à quelques jours au large du détroit de Gibraltar. Mais ces dernières semaines, les émeutes d’activistes écologistes des deux côtés de l’Atlantique ont constitué une menace bien plus grande pour le convoi naval que les conditions météorologiques lors de sa traversée de l’océan.
Emerson Miura, un Brésilien qui rêve de transformer l’ancien Foch en musée après un grand “nettoyage”, alerte sans cesse les autorités et les médias sur la présence de 600 tonnes d’amiante à bord, ainsi que sur la radioactivité résiduelle associée à la essais nucléaires dans l’océan Pacifique.
Cet ex-militaire dénonce surtout les zones d’ombre entourant ce dossier dans le pays de Bolsonaro et met en garde contre les risques importants qu’une démolition précipitée ferait peser sur la santé humaine et l’environnement.
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