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La Vérif : Va-t-on manquer d’électricité au Québec ? | Élection Québec 2022

En point de presse, François Legault a déclaré: Nous sommes ouverts à exporter de l’hydrogène vert si le prix est bon et aussi selon la capacité que nous avons en électricité. Parce que nous prévoyons actuellement que nous serons sans électricité dans les prochaines années, nous devons donc être prudents.

Le cuisinier a raison.

François Legault promet de plafonner tous les tarifs gouvernementaux, y compris ceux d’Hydro-Québec, à 3 % par année.

Photo : Radio-Canada / Matthew Potvin

Selon les prévisions d’Hydro-Québec, les besoins énergétiques du marché québécois passeront de 193 térawattheures cette année à 205 TWh.

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L’approvisionnement en énergie et en électricité (essentiellement pendant les périodes de pointe hivernales) se resserrera dès 2027, selon des documents d’Hydro-Québec.

L’énergie disponible non utilisée, ou surplus, destinée au marché québécois est d’environ 5 TWh cette année. Ils fondront complètement en 2027, et à partir de 2029, il faudra trouver 7 TWh à l’aide de nouveaux approvisionnements.

Par conséquent, le distributeur devra fournir de nouvelles sources pour répondre à la demande sur le marché intérieur.

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Hydro-Québec a également lancé des appels d’offres pour obtenir de nouveaux approvisionnements en énergie renouvelable en utilisant, par exemple, des éoliennes.

Sa part dans les achats d’électricité sur les marchés étrangers augmentera également.

Demande croissante

De 2019 à 2029, la demande d’électricité augmentera de 20 TWh, soit 12 %, prévoit Hydro-Québec. Cela est dû en partie à la croissance naturelle de la population et de l’économie.

Mais de nouveaux secteurs se développent et nécessitent beaucoup d’énergie. C’est le cas des data centers ou de la production d’hydrogène vert et de biocarburants.

C’est sans oublier la conversion des bâtiments au chauffage électrique et l’électrification des transports.

Selon Hydro-Québec, un million de véhicules électriques circuleront sur les routes de la province d’ici sept ans.

Bornes de recharge à la halte routière du Domaine dans la réserve La Vérendrye.

Photo : Radio-Canada / Jean-Michel Cotnoir

Et la tendance ne s’inversera pas avec des projets d’électrification pour décarboner l’économie.

Mais il faut faire une nuance, nous prévient le professeur à HEC Montréal et titulaire de la chaire de gestion du secteur de l’énergie Pierre-Olivier Pinault : Il y a un manque d’électricité pour les consommateurs au Québec, mais il n’y aura pas de pénurie d’électricité produite Au Québec.

Exporter

Hydro-Québec distribue la majeure partie de son électricité sur le marché québécois. Le reste, environ 36 TWh l’an dernier (17 % du total), est exporté vers nos voisins nord-américains. Or, cela représente 24% du bénéfice net, selon le dernier rapport annuel.

Et l’entreprise publique a d’importants contrats d’exportation avec l’État de New York et le Massachusetts. Des exportations qui atteindront au total près de 20 TWh d’énergie.

Les exportations sont rentables pour Hydro-Québec si elles rapportent des prix plus élevés que ce que nous voyons ici, explique Normand Musso, professeur à l’Université de Montréal et directeur de l’Institut Trottier de l’énergie.

À condition, bien sûr, que les nouveaux approvisionnements dont nous dépendrons et que nous construirons ne coûtent pas plus cher que ce que nous exportons. Et c’est un peu un défi ici que nous n’ayons pas toute cette lumière, ajoute-t-il.

Le coût de l’électricité d’Hydro-Québec réservée à la consommation québécoise (appelée bloc hérité) est de 3 cents le kilowattheure. Selon le plan stratégique de la société d’État pour la période 2022-2026, le coût moyen des approvisionnements externes ou post-légaux sera de 11 cents par kilowattheure.

Et l’efficacité énergétique ?

Les experts consultés soulignent l’importance de l’efficacité énergétique pour économiser l’électricité produite ici et réduire notre empreinte carbone.

“Jusqu’en 2030, nous aurons encore la possibilité d’être très agressifs pour y obtenir des térawattheures.” Et il est possible de se développer sans construire de nouvelles infrastructures. »

— Citation de Pierre-Olivier Pinault, professeur à HEC Montréal et titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie

L’analyste de la réglementation énergétique Jean-François Blain va encore plus loin si nous voulons atteindre nos objectifs climatiques.

Le Québec aura besoin de 100 térawattheures (TWh) supplémentaires d’énergie pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

On ne peut pas atteindre des objectifs de cette ampleur en restant dans une dynamique de croissance de la production, dit-il. Il faut donner la priorité à la réduction de la consommation, estime l’expert.

Avec la collaboration d’Olivier Bachan et Nathalie Lemieux.