France

La « vraie famille » : la réalité des familles d’accueil

Élever un enfant pendant cinq ans et le faire revenir auprès de son père biologique, c’est le drame déchirant proposé par le réalisateur Fabien Gorgeart.

Cette situation, le réalisateur l’a vécue, ses parents ont pris en charge un enfant qui est devenu membre de la famille, pour le voir ensuite revenir dans sa famille.

Le sujet est par nature difficile. Le petit Simon (Gabriel Pavy, parfait) vit avec Anna (Mélanie Thierry, merveilleuse), Driss (Layes Salem), sa femme, et les deux enfants du couple, Adrienne (Idris Laurentin-Khelifi) et Jules (Basile Violette). Le petit fait partie intégrante de la famille, il considère Anna comme sa mère, et Adrien et Jules comme ses frères.

Il a été placé dans cette famille après la mort de sa mère et l’incapacité de son père Eddie (Felix Moati) à s’occuper de lui pendant son deuil. Mais aujourd’hui, il veut récupérer son fils.

La “vraie famille” a regardé avec tristesse la séparation planifiée de Simon de ceux qu’il considérait comme sa famille. Les week-ends avec son père, cet homme auquel il ne sait pas s’habituer, le fait qu’il arrête d’appeler Ana “maman”, lui qui ne se souvient plus du sien, les anniversaires auxquels il n’est pas ne pourront pas assister et tous ceux moments auxquels il ne pourra bientôt plus participer.

Le coup de cœur – ressenti par le spectateur selon sa propre sensibilité – est vécu par chacun de manière différente. Les enfants réagissent selon leur caractère, Adrien étant le plus bruyant. Driss intériorise et Anna est dévastée, elle ne peut pas comprendre que Simon, qu’elle considérait comme son fils, lui a été enlevé.

Et, bien sûr, il y a la douloureuse question de la loi, du bien-être de l’enfant, des droits des parents biologiques… des questions si profondes que le spectateur n’y trouvera pas de réponse claire.