L’enseignement à distance est devenu une ressource pendant le Covid-19. Peut-il y avoir un remède quand il n’y a pas d’enseignants ? L’académie de Nancy-Metz entend répondre à cette question en mettant en place une “brigade de substitution numérique” à titre expérimental : sept professeurs de lycée, tous volontaires, tous affectés dans un lycée ou lycée “le plus proche de chez eux” vont pouvoir remplacer, à distance par visioconférence, des collègues absents dans des établissements où il n’y a pas de contractuels, explique-t-on dans l’entourage du recteur Jean-Marc Huart.
Équipés d’un matériel informatique fourni par leur employeur, ces “professeurs de la vision” pourront intervenir dans plusieurs classes, si nécessaire, avec l’aide d’assistants pédagogiques, également embauchés pour le cas et chargés de l’observation sur place des élèves.
Historique : Article réservé à nos abonnés Enseignement à distance, mauvaise attitude face à la crise sanitaire à l’école
Ce ballon test, prévu sur deux ans, concerne les absences de courte durée et les disciplines qui rencontrent le plus de difficultés à recruter (allemand, mathématiques, etc.). De même pour les territoires respectifs – de nombreuses zones rurales, très enclavées, où il devient difficile de déplacer les candidats, explique-t-on au recteur. Notre priorité est d’assurer la continuité du service public de l’éducation. »
Réservations syndicales
Deux ans de crise sanitaire ont fait de la question une priorité : dans son “nouveau pacte” proposé aux enseignants pour ce deuxième quinquennat, Emmanuel Macron a introduit l’idée d’un remplacement “systématique” des enseignants absents. Il y a quelques mois, en pleine vague Omicron, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanker, lançait un appel aux étudiants et aux retraités, sans évaluer à ce stade les substitutions qui s’imposent ainsi. .
Sur les sept postes profils proposés à Nancy-Metz, quatre sont à venir. L’expérience devrait commencer “le plus tôt possible”, a indiqué le recteur. Les syndicats eux-mêmes ne cachent pas leurs réserves. Au sein du Comité Technique Académique, deux d’entre eux (FSU et FO) se sont prononcés contre le projet ; deux autres (SGEN et UNSA) se sont abstenus. “Enseigner, ce n’est pas seulement un savoir que l’enseignant transmet, c’est aussi un lien qu’il crée au contact des élèves”, a déclaré Patrick Walbom du SE-UNSA-Nancy. Le même écho du SNALC. « Apprendre à distance, en temps de crise, c’était une chose… Mais y penser en temps normal, c’est anormal ! “Son porte-parole, Jean-Remy Girard, est en procès.
Rue de Grenelle, on a peu relaté cette expérimentation, si ce n’est pour assurer, paradoxalement, qu’elle n’a pas vocation à se généraliser.
Matea Batalia
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