Le gouvernement Legault a autorisé l’Office de la langue française au Québec (OQLF) à assurer le « respect » de la loi 101 dans les Francos de Montréal, où des employés nient avoir été contraints de parler anglais dans leur travail.
Posté à 15h23
Henri Wellett-Vesina La Presse
“Nous avons autorisé l’OQLF à effectuer des inspections et à assurer le respect de la Charte en français. Si nécessaire, des mesures correctives appropriées seront nécessaires », a déclaré Elizabeth Gosselin, porte-parole du ministre français de la Justice et français, Simon Jolin-Barrett.
Elle a réagi aux révélations de Radio-Canada selon lesquelles les employés des Francos de Montréal s’inquiétaient de la grande place qu’occupait l’anglais dans leur travail. Plusieurs réunions se tiendront en anglais et des consignes écrites ou orales seront données en anglais. L’organisateur des Francos, le groupe Spectra, soutient que la diversité et l’inclusion « font partie du succès de [ses] événements », soulignant que ses rencontres et communications professionnelles se font d’abord en français.
Mme Gosselin a déclaré que “si les situations décrites s’avèrent justifiées, c’est absolument inacceptable et irrespectueux de la part de l’entreprise”. “La langue de travail au Québec est le français. “Les Québécois ont le droit de gagner leur vie dans leur propre langue, en français”, a-t-elle insisté.
Appelée à réagir vendredi, la mairesse de Montréal Valérie Plant a dénoncé la situation. “Ce n’est pas acceptable. On parle de Francos, mais honnêtement, que ce soit des Francos ou un autre festival, il faut pouvoir travailler et s’exprimer en français”, a-t-elle dit. “Les organisateurs et propriétaires des FrancoFolies doivent s’expliquer. Nous devons montrer l’exemple. On veut que les gens de Montréal puissent travailler en français à Montréal », a insisté le maire.
“Ironique et déchirant”
L’affaire a d’ailleurs fait réagir un peu partout sur la scène politique vendredi. Sur Twitter, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a évoqué un dossier “plutôt ironique et déchirant”. “Il y a une tendance majeure qui doit changer afin de préserver notre langue. Et c’est urgent”, a-t-il frappé.
À Québec solidaire, la réaction est venue de la députée Mercier Ruba Ghazal. « Nous devons respecter le droit des employés d’Équipe Spectra de travailler en français. Ce n’est pas contraire à la diversité et à l’inclusion, contrairement à ce que prétend l’employeur », a-t-elle dit, ajoutant que le droit de travailler en français « n’est pas négociable » au Québec.
À Ottawa, le chef du bloc québécois, Yves-François Blanche, a déclaré qu’il s’attendait à ce que les révélations provoquent “un réveil et une action”. “La langue de travail au Québec – dans les FrancoFolies – est le français”, a déclaré l’homme, qui a travaillé avec Spectra dans le passé en tant qu’agent de l’artiste.
“J’ai trouvé cela très dérangeant. La langue officielle de travail est le français. Nous nous attendons à ce que toutes les entreprises du Québec se conforment, et Spectra ne devrait pas faire exception », a déclaré la députée libérale Christine Saint-Pierre.
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