France

L’Assemblée nationale approuve la reprise des PTT

Début du débat à l’Assemblée nationale sur le projet de loi de finances rectificative 2022. Le rapporteur Jean-René Cazeneuve vient s’entretenir avec le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique Bruno Le Maire aux côtés du président de la commission des Finances, Eric Coquerel, en Paris, le 22 juillet 2022 JULIEN MUGE POUR « LE MONDE »

A peine votée la loi en faveur du pouvoir d’achat, après quatre jours de débats houleux, l’Assemblée nationale a entamé, vendredi 23 juillet, une nouvelle course à l’enjeu, celle d’examiner le budget rectificatif, incluant la suppression de l’impôt, qui sera débattu samedi.

Dans la soirée, les députés ont approuvé une augmentation du plafond défiscalisé des heures supplémentaires pour 2022, de 5 000 € à 7 500 €. Ils ont également donné le feu vert aux entreprises pour racheter aux salariés les journées de RTT auxquelles ils renonceraient (plafonné à 7 500 €), le gouvernement accédant à la demande de la droite d’inclure une caution pour sa candidate à l’Elysée Valérie Pécresse.

La mesure a été soutenue par le Rassemblement national : “On dit oui sans hésiter”, a déclaré Laurent Iacobelli. A gauche, des députés ont protesté contre cette mesure : “Une autre façon de contourner les hausses de salaire”, selon le communiste Jean-Marc Tellier.

Le projet de loi de finances rectificative 2022 prévoit le maintien de la ristourne sur les carburants et du bouclier tarifaire de l’énergie, une revalorisation du point d’indice pour les fonctionnaires, le financement de l’OPA pour la renationalisation d’EDF et la suppression de la redevance audiovisuelle.

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Vive les “surprofits” des grands groupes

“Vous partez des préceptes du néolibéralisme. Il faut partir des besoins”, a immédiatement attaqué le “rebelle” Eric Cockerell sur le podium, estimant qu’il faut combattre la “dette environnementale”. Les échanges devraient se poursuivre jusqu’à samedi soir voire dimanche. Le gouvernement a déjà blanchi, au moins en partie, plusieurs entités. Alors que la pression monte, même majoritairement, pour taxer les “plus-values” des grands groupes, la pression s’exerce sur TotalEnergies et le géant maritime CMA CGM notamment.

Le premier a opportunément annoncé vendredi matin une remise à la pompe de 20 centimes le litre entre septembre et novembre dans toutes ses stations-service, puis de 10 centimes le litre le reste de l’année. CMA CGM va baisser ses tarifs de fret de 750 € par conteneur de 40 pieds (environ 67 m3) vers la France métropolitaine et les DOM-TOM.

Mais la gauche et les membres de la majorité restent mécontents, estimant que le geste de Total est bien loin des “milliards” de profits excédentaires accumulés. Thierry Benoit (Groupe Horizons) a déclaré lors de la séance qu’il « apprécie[ait] le geste de Total” mais n’est pas “satisfait[ait] non “.

M. Le Maire a cloué la “fraude intellectuelle” de la gauche, qui veut des impôts à tout prix. “Aujourd’hui, nous avons déposé des dizaines d’amendements qui entraîneraient des milliards d’euros d’impôts supplémentaires”, a-t-il déclaré. Mais “un seul impôt n’a jamais amélioré la vie de nos compatriotes”. Plus ouvert aux propositions de la droite, le ministre accepte une augmentation des aides de l’État, qui s’élèvent actuellement à 18 centimes le litre de carburant.

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Débats houleux autour de la suppression de la redevance

Les eurodéputés ont également voté le doublement de l’abattement fiscal que les entreprises peuvent verser à leurs salariés pour couvrir leurs frais de carburant, faisant passer le plafond de 200 € à 400 €. Ils ont également approuvé une mesure favorable à l’augmentation des bons d’alimentation, prévoyant la revalorisation des exonérations pour les employeurs.

La suppression du prélèvement, promesse d’Emmanuel Macron, sera débattue samedi. La gauche monte et les socialistes proposent à la place une “contribution universelle et progressive” au financement des radios et télévisions publiques. La question n’est pas résolue, alors que le ministre des Comptes publics, Gabriel Atal, s’est dit “prêt” à examiner les traces de “tax shifting”.

“En construisant une majorité de projets pour apporter des solutions concrètes aux Français, nous avons réussi” jusqu’ici, estime Elizabeth Bourne, dont la méthode est mise à l’épreuve dans ce premier paquet de mesures du législateur.

Dans le projet de loi « d’urgence » sur le pouvoir d’achat, la revalorisation des retraites et des prestations sociales, le relèvement du plafond de la « prime Macron » et encore, dans un rare moment d’harmonie, la déconjugaison de l’allocation aux adultes handicapés.

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Le monde avec l’AFP