France

L’Australie va verser 555 millions d’euros au groupe industriel français Naval Group pour rupture de contrat

Emmanuel Macron et l’ancien Premier ministre australien Malcolm Turnbull sur le pont du HMAS Waller, sous-marin de la classe Collins, à Sydney, le 2 mai 2018 LUDOVIC MARIN / AFP

C’est sans doute l’épilogue d’une grave crise diplomatique. Une indemnisation de 555 millions d’euros sera versée par l’Australie à l’industriel Naval Group pour mettre fin à l’affaire des sous-marins français, a annoncé samedi 11 juin le Premier ministre australien Anthony Albanese.

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Le groupe français, détenu majoritairement par l’Etat français et dont Thales est également actionnaire à 35%, a adopté un “règlement juste et équitable” de 555 millions d’euros, dont le nouveau chef du gouvernement a annoncé la rupture à l’automne dernier. , sur un traité géant qui a déclenché une crise diplomatique entre Paris et Canberra.

Dans un communiqué publié samedi, Naval Group a également indiqué avoir signé un “accord équitable mettant fin au futur programme de sous-marins australiens” avec Canberra, sans donner plus de détails.

En septembre 2021, le Premier ministre australien de l’époque, Scott Morrison, a brutalement mis fin à ce qu’on appelait le “deal du siècle”, un accord conclu en 2016 pour acquérir douze sous-marins nucléaires français pour 50 milliards de dollars australiens (environ 35 milliards d’euros). cette fois), dont environ 8 milliards pour Naval Group et des entreprises françaises.

Il s’agissait du plus gros contrat de défense jamais attribué par l’Australie pour remplacer sa flotte, avec une première livraison prévue d’ici 2030. Le budget s’élevait alors à 90 milliards de dollars (56 milliards d’euros).

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Incertitude sur l’acceptation de l’appareil

Mais M. Morrison a finalement annoncé que son pays achèterait des sous-marins nucléaires américains ou britanniques, un changement majeur pour un pays aux faibles capacités nucléaires. La décision est intervenue dans le cadre de l’alliance militaire Aukus signée entre l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis.

Le chef du gouvernement australien s’attire alors les foudres du président français Emmanuel Macron, qui l’accuse de fraude. Les relations entre les deux pays sont restées glaciales jusqu’à l’élection en mai du centre-gauche M. Albanese. Ce dernier a expliqué que l’accord est intervenu après des entretiens avec le président français Emmanuel Macron, qu’il a remercié pour la manière cordiale avec laquelle les relations entre l’Australie et la France ont été rétablies.

“Nous sommes en train de reconstruire de meilleures relations entre l’Australie et la France”, a déclaré M. Olbanese, ajoutant qu’il “avait hâte de répondre à l’invitation du président Macron à venir me voir dès que possible”.

Au total, l’échec du contrat des sous-marins français coûtera 2,4 milliards de dollars aux contribuables australiens, a déclaré leur premier ministre, sans pouvoir en retirer le moindre bénéfice.

Le traité sur les sous-marins est au cœur de la stratégie de défense de l’Australie contre l’influence croissante de la Chine dans la région sous Xi Jinping. Les sous-marins nucléaires pourraient permettre à l’Australie d’agir de manière plus secrète et dissuasive que la Chine.

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Mais il y a une grande incertitude quant au moment où l’Australie pourra réellement posséder ces appareils. Il est peu probable que le premier sous-marin américain ou britannique soit en service avant des décennies, laissant un vide pour l’Australie avec sa flotte vieillissante.

Le monde avec l’AFP