L’économie canadienne se dirige vers une “récession légère” au début de l’année prochaine, prédisent les économistes de Desjardins, alors que les taux d’intérêt augmentent pour freiner l’inflation et que les “signes de ralentissement” se multiplient dans l’économie mondiale et aux États-Unis.
Posté hier à 17h06.
Martin Vallier La Presse
Dans leur mise à jour des perspectives publiée jeudi, les économistes de Desjardins disent maintenant s’attendre à une croissance du PIB réel de seulement 0,3 % l’an prochain pour l’économie canadienne.
Si cela s’avérait vrai, il s’agirait d’un ralentissement important, proche de la stagnation, après la prévision pour 2022 d’environ 3,4 % de croissance annuelle.
L’économie canadienne n’est pas à l’abri des tendances mondiales. La croissance du PIB réel de plusieurs pays a déjà été revue à la baisse pour 2022 et surtout pour 2023. Cela affecte particulièrement les États-Unis, où le PIB réel a déjà connu deux trimestres consécutifs de baisse, et certains pays de la zone euro, où les effets de la guerre en Ukraine et la hausse des prix se fait fortement sentir.
Extrait de la Mise à jour des perspectives des économistes Desjardins
Les économistes de Desjardins soulignent que les principales banques centrales, dont la Banque du Canada, « ont augmenté les taux d’intérêt de façon agressive dans le but de contrôler l’inflation. Les secteurs sensibles aux taux d’intérêt sont particulièrement touchés, en particulier le marché du logement.”
Par conséquent, prévoient-ils, “une légère récession est maintenant prévue pour l’économie canadienne au début de 2023. La croissance du PIB réel devrait ralentir et se contracter au cours des deux premiers trimestres de 2023”.
Du côté positif, « ce ralentissement de l’activité économique devrait être de courte durée, étant donné le point de départ très favorable du marché du travail et la probabilité que la Banque du Canada commence à réduire les taux d’intérêt au deuxième semestre. 2023″.
Et au Québec?
“Après un excellent début d’année, les signes de ralentissement de l’économie québécoise se multiplient”, notent les économistes de Desjardins.
Toutefois, « le Québec devrait plutôt bien se débrouiller par rapport aux autres grandes provinces en raison de certains facteurs favorables.
Les économistes de Desjardins s’attendent ainsi à ce que la croissance du PIB réel au Québec ralentisse à 0,5 % en 2023, après 3,7 % pour l’ensemble de 2022.
En comparaison, en Ontario, la croissance du PIB réel est maintenant prévue à seulement 0,1 % en 2023, un ralentissement important par rapport aux 3,4 % environ de 2022 dans la facture finale.
Quels sont ces éléments favorables au Québec par rapport aux autres provinces?
D’abord, selon les économistes de Desjardins, « le marché du travail québécois est parmi les plus tendus au Canada, favorisant ainsi une plus forte croissance des salaires. En outre, les employeurs peuvent être incités à conserver autant d’employés que possible s’ils ne s’attendent qu’à une courte période de faiblesse économique.
Deuxièmement, « le taux d’épargne du Québec est le plus élevé au Canada, ce qui laisse une grande marge de manœuvre aux ménages pour absorber les hausses du coût de la vie et des taux d’intérêt.
Enfin, « l’abordabilité du logement s’est moins détériorée au Québec qu’ailleurs, et donc la correction du marché immobilier devrait être moins forte qu’en Ontario et en Colombie-Britannique ».
Faits saillants des prévisions économiques de Desjardins (moyennes annuelles)
Croissance du PIB réel
- au Québec : 0,5 % en 2023 suivi de 3,7 % en 2022.
- au Canada : 0,3 % en 2023, suivi de 3,4 % en 2022
- en Ontario : 0,1 % en 2023, suivi de 3,2 % en 2022
- aux États-Unis : 0,4 % en 2023, puis 1,6 % en 2022.
Croissance de l’emploi
- au Québec : 0,6 % en 2023, suivi de 2,6 % en 2022.
- au Canada : 0,7 % en 2023, suivi de 3,7 % en 2022
- en Ontario : 0,6 % en 2023, suivi de 4,6 % en 2022.
- aux États-Unis : 0,8 % en 2023, puis 4,1 % en 2022.
Taux de chômage
- au Québec : 5,2 % en 2023 après 4,4 % en 2022
- au Canada : 6,2 % en 2023, suivi de 5,3 % en 2022
- en Ontario : 6,7 % en 2023 après 5,6 % en 2022
- aux États-Unis : 4,5 % en 2023, puis 3,6 % en 2022.
Source : Département des études économiques, Desjardins
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