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Le droit à l’avortement Grande journée de mobilisation aux États-Unis

(Washington) « Ne touchez pas à nos corps ! “Des milliers de manifestants sont descendus samedi dans les rues des Etats-Unis pour défendre le droit à l’avortement, menacé par la Cour suprême, qui semble prête à prendre du recul, 50 ans après sa décision historique de défendre l’avortement.

Publié à 10h03 Mis à jour à 13h27

“Nous en avons fini avec les attaques contre l’avortement. Nous manifestons aujourd’hui pour le dire haut et fort : ne touchez pas à nos corps”, a déclaré samedi dans un tweet la Marche des femmes, l’une des organisations à l’origine de cette grande journée d’action.

Environ 450 marches ont été organisées à travers le pays, dont de grandes marches à Washington, New York, Chicago, Austin et Los Angeles.

PHOTO EDUARDO MUNOS, REUTERS

Manifestation à New York

Dans la capitale, le défilé doit commencer à 14 heures pour se diriger vers le bâtiment de la Cour suprême. Au moins 17 000 personnes sont attendues, selon les organisateurs.

Même s’il est soutenu par la majorité de la population, les dernières recherches montrent que le droit à l’avortement est un problème social très controversé après l’historique « Roe v. Wade, de janvier 1973, qui a défendu le droit des femmes américaines à interrompre leur grossesse.

La Cour suprême, qui doit se prononcer d’ici fin juin sur une loi du Mississippi restreignant les délais légaux d’avortement, est dans la tourmente depuis début mai et la révélation d’un projet de décision de justice par le site d’information Politico. adopté tel quel, il donnera aux États-Unis le droit d’interdire ou d’autoriser l’avortement.

L’avortement est désormais limité à 23 États dirigés par les républicains, et d’autres attendent que la décision de la Cour suprême, désormais fermement ancrée dans le conservatisme, suive le mouvement.

Une vingtaine d’États conservateurs ont déjà promis de le faire illégalement, certains même en cas de viol ou d’inceste qui obligeraient les femmes à parcourir des milliers de kilomètres pour se faire avorter.

Suite aux révélations de Politico, des groupes – plus ou moins denses – viennent tous les soirs provoquer leur courroux devant le Temple américain de la loi, un imposant bâtiment de marbre blanc désormais protégé par une clôture.

“Mon corps, mon choix”

Et certains manifestants protestent aux cris de « mon corps, mon choix » jusque devant le domicile des juges conservateurs de la Cour dans la banlieue cossue de la capitale.

Si la sentence est annulée, “ce sera terrible”, a prédit à l’AFP Linda Kofi, qui représentait à l’époque Jane Rowe et qui critique aujourd’hui la “minorité très bruyante” des opposants à l’avortement.

PHOTO FRANÇOIS PICARD, AGENCE FRANCE-PRESSE

L’avocate Linda Kofi représente Jane Rowe.

“Nous n’arrêterons pas de nous battre tant que tout le monde, et je veux dire tout le monde, aura accès à des avortements sûrs et légaux, quels que soient ses revenus, son code postal ou son origine ethnique”, a promis l’élue Barbara Lee, qui a publiquement dévoilé son propre secret en le passé, l’avortement.

Sans la Cour suprême, les possibilités de défendre ce droit au niveau fédéral sont réduites. La chambre a voté l’automne dernier une loi garantissant l’accès à l’avortement dans tout le pays. Mais ce texte n’a pour l’instant pas franchi l’étape du Sénat, où les démocrates ne disposent pas d’une majorité suffisante.

Pour les progressistes, le soutien peut aussi venir du monde économique. De plus en plus d’entreprises qui ont longtemps évité ce sujet prennent position sur le droit à l’avortement avec l’émergence d’une nouvelle génération de dirigeants aux attentes différentes.

La ministre des Finances, Janet Yellen, a également mis en garde contre des “conséquences économiques très néfastes” si “le droit des femmes de décider quand et si elles veulent avoir des enfants” est compromis.