Le président du Conseil européen, Charles Michel, a résumé ainsi l’objectif commun des membres du G7 : couper l’approvisionnement de la machine militaire russe, tout en protégeant nos économies et celles de nos partenaires.
Dans cette optique, le groupe a confirmé l’imposition d’un embargo sur les importations d’or nouvellement extrait en Russie. L’annonce sera officialisée mardi après le sommet.
L’objectif est d’isoler la Russie du système financier international et d’éviter de financer les efforts militaires russes en payant à Moscou des milliards de ressources importées.
Le président Joe Biden avec le chancelier allemand et hôte du sommet du G7 Olaf Scholz et son épouse Britta Ernst.
Photo : Reuters / Lukas Barth
Ensemble, nous, membres du G-7, annoncerons que nous allons interdire l’or russe, une source majeure d’exportations qui privera la Russie de milliards de dollars, a tweeté le président américain Joe Biden.
Ces mesures frapperont directement les oligarques russes et attaqueront le cœur de la machine militaire de Poutine, a déclaré le Premier ministre britannique Boris Johnson dans un communiqué.
La Russie est un grand pays producteur d’or, avec près de 15 milliards d’euros (environ 20,4 milliards de dollars canadiens) exportés en 2021, soit 5 % du marché mondial, selon Londres et Washington.
Quatre-vingt-dix pour cent de ces exportations sont destinées au G7 et la grande majorité au Royaume-Uni.
Le gouvernement britannique insiste sur le fait que la mesure aura un impact énorme sur la capacité de Poutine à lever des fonds.
Cela touchera en particulier les élites russes, qui ont peut-être acheté de l’or pour tenter de contourner les sanctions occidentales, a-t-il ajouté.
Le métal précieux est le deuxième produit d’exportation de la Russie après l’énergie.
Fichier qui divise
L’approvisionnement énergétique du continent européen est également l’un des enjeux majeurs de ce sommet du G7.
Alors que l’Ukraine réitère sa demande d’embargo sur le gaz et le pétrole russes, la question divise les alliés occidentaux car leurs besoins et leurs intérêts ne coïncident pas totalement.
Si Washington, Ottawa et Londres ont déjà interdit les importations de pétrole russe, les pays européens sont plus réticents.
C’est le cas de l’Allemagne qui dépend encore à 35% des importations de gaz russe pour sa propre consommation.
La semaine dernière, le géant russe de l’énergie Gazprom a réduit ses exportations de gaz de 60% via le gazoduc Nord Stream 1, dont l’Allemagne dépend fortement.
Berlin craint que la Russie n’arrête complètement cette voie d’approvisionnement.
Le gouvernement a même mis en garde contre des pénuries de gaz l’hiver prochain.
Le ministre allemand de l’Economie, Robert Habeck, a appelé les gens à économiser l’énergie face à la réduction des exportations russes.
Photo : Reuters / HANIBAL HANSCHKE
Les dirigeants des 27 pays de l’Union européenne ont également déclaré qu’ils s’attendaient à un hiver rigoureux vendredi.
Lors d’une réunion à Bruxelles, ils se sont engagés à réduire leur dépendance à l’énergie russe.
Mais à court terme, les pays européens appellent à une coordination plus étroite des achats de gaz et de pétrole à la Russie.
Cela éviterait les enchères entre différents pays européens en plus de limiter les salaires énergétiques qui financent les efforts militaires du Kremlin.
Les moyens de limiter le prix du pétrole russe font également l’objet de discussions constructives au G7, selon un représentant allemand.
L’unité sur cette question, et plus généralement sur la manière d’aider l’Ukraine et de punir la Russie, pourrait déterminer ce sommet du G-7.
En tout cas, il a été reconnu comme décisif par le président américain Joe Biden.
Nous devons rester unis. Dès le début, Poutine s’est appuyé sur le fait que, d’une manière ou d’une autre, l’OTAN et le G-7 se sépareraient. Mais nous ne le faisons pas et ne le ferons pas.
Début du widget. Ignorer le widget ? Fin du widget. Retour au début du widget ?
Add Comment