Aile de l’hôpital Chardon-Lagache, Paris, 4 mai 2020 HUMBERT / BSIP VIA AFP
Pas de vague à trois jours des élections législatives. Face à des protestations croissantes, le gouvernement a décidé jeudi 16 juin de geler son projet d’ouverture d’un centre médical pour héberger des toxicomanes à Auteuil, un quartier calme et luxueux du XVIe arrondissement de Paris.
Benjamin Haddad, le candidat de La République en marche (LRM) dans le 14e arrondissement de Paris, a été le premier à annoncer la nouvelle. “J’ai été informé par la ministre de la Santé Brigitte Bourguignon que le projet d’un centre pour toxicomanes à Chardonnay-Lagash était bloqué”, a-t-il déclaré sur Twitter. “Le projet ne peut pas être validé en l’état pour le moment, compte tenu des inquiétudes exprimées et des premiers résultats de la concertation”, a déclaré au Monde Amélie Verdier, directrice de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Il-France.
Dès lors, la perspective que les usagers parisiens du pied et d’autres drogues puissent bientôt se faire soigner à Auteuil est clairement éloignée. Sous pression, le gouvernement remet ainsi en cause un projet qu’il a lui-même initié et jugé urgent il y a seulement quelques semaines.
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En 2021, l’ARS d’Ile de France a relevé un constat simple : à Paris, il y a un fort manque de structures pour les personnes en situation de précarité, souffrant de problèmes de santé complexes, notamment les toxicomanes. Ainsi, en janvier 2022, l’agence gouvernementale a lancé un appel à projets pour la création de deux centres de soins d’une soixantaine de lits au total. “Compte tenu des besoins immédiats, il est indispensable d’utiliser les bâtiments existants et de les ouvrir dans un délai maximum de six mois”, avait alors déclaré l’ARS.
Réactions hostiles des habitants
Deux associations spécialisées, Aurore et Gaïa, se sont alors entendues avec l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et ont déposé un dossier commun pour la création d’un de ces deux centres. L’AP-HP a des postes vacants dans une aile désaffectée de l’hôpital Chardon-Lagache. Trente-cinq personnes en détresse devraient y être hébergées, volontaires qui pourraient y rester longtemps voire y finir leur vie.
Initialement, tous les signaux apparaissent en vert. Le projet, présenté par les trois partenaires, “fait l’objet d’un avis positif unanime”, selon l’ADR. Le maire (Les Républicains, LR) du quartier Francis Spinner exprime certes sa “ferme opposition”. Le projet “ne peut raisonnablement être implanté dans cette zone, à proximité du collège Jean-Baptiste-Sey, de l’église d’Auteuil et de l’hôpital Sainte-Périne”, écrit-il au directeur général de l’ADR le 11 mai, appelant à des “risques inévitables”. .que les toxicomanes représenteront pour le quartier. Mais ces critiques, restées confidentielles, n’inquiètent pas les pouvoirs publics. Le projet est “conçu pour être préservé”, encore assuré par l’ARS fin mai.
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