France

Le (gros) problème du gaspillage alimentaire

Selon une nouvelle étude de Recyc-Québec, plus de 40 % des aliments sont transformés en déchets alimentaires, dont une grande partie est destinée à l’enfouissement. Les principaux coupables sont les familles du Québec et l’industrie de la transformation.

Posté à 18h00

Eric-Pierre Champagne La Presse

7,5 millions

Poids total des aliments entrés dans la chaîne d’approvisionnement au Québec en 2019, soit. 7,5 millions de tonnes. Cela équivaut à 2,43 kg par habitant et par jour.

3,1 millions

Poids total des déchets alimentaires au Québec, soit 3,1 millions de tonnes. Cela équivaut à 1,01 kg par habitant et par jour.

Photo de MICHAEL F. MCELROY, Archives du New York Times

Quels sont les restes?

Le rapport de Recyc-Québec, intitulé Enquête quantitative sur les pertes et gaspillages alimentaires au Québec, publié mercredi, fait état de restes alimentaires constitués d’aliments comestibles perdus ou perdus et de parties non comestibles connexes. La première catégorie fait évidemment référence aux aliments non consommés, tandis que la deuxième catégorie désigne notamment les os d’animaux et les pelures de fruits et de légumes.

Quels aliments sont le plus perdus ?

Les fruits et légumes représentent près de la moitié du gaspillage alimentaire à la campagne, loin devant les grandes cultures. Cette catégorie comprend notamment les pertes dues à la digestion des céréales et au broyage des graines oléagineuses.

Qui produit le plus de déchets alimentaires ?

La plus grande part du gaspillage alimentaire se retrouve dans l’industrie de la transformation, suivie des ménages au Québec.

Qui gaspille le plus de nourriture ?

Ici, les ménages québécois devancent le commerce de détail et la production et transformation alimentaire. On parle de 339 198 tonnes de ménages gaspillés annuellement.

Où vont les restes de nourriture ?

Plus du tiers des déchets alimentaires québécois finissent dans les sites d’enfouissement. Seul un quart finit dans le compost. La même partie est réutilisée dans l’alimentation animale.

La moitié de la nourriture comestible est jetée

Pour les aliments comestibles, près de la moitié va directement à la poubelle alors que les décharges du pays débordent.

20,2 millions

Nombre de millions de tonnes de CO2 associées au système alimentaire biologique québécois, soit 20,2 millions de tonnes d’équivalent CO2. Les aliments comestibles jetés représentent 17,7 % de ce total, soit 3,5 millions de tonnes d’équivalent CO2.

Réduire la décharge est une priorité

Ce rapport est le premier pour Recyc-Québec, qui veut « mesurer l’ampleur du phénomène du gaspillage alimentaire au Québec pour proposer des pistes de solutions pour l’avenir », explique Sophie Langlois-Blue, vice-présidente, Performance des opérations en Resic- Québec. L’une des priorités de l’organisation sera de réduire la quantité de nourriture qui finit dans les décharges, a déclaré le vice-président. « La bonne chose à propos de cette étude est qu’elle fait la distinction entre la malbouffe et les aliments comestibles qui sont perdus », a déclaré Elian Brisboa, coordonnateur et chercheur au Département de recherche sur la transition environnementale de l’UQAM. Donne des nombres plus petits, mais le problème [du gaspillage alimentaire] reste tout de même sérieux. »

17%

Une étude du Programme des Nations unies pour l’environnement estime que 931 millions de tonnes de nourriture ont été jetées en 2019, soit 17 % de la nourriture totale disponible sur la planète.