La fusée lunaire de nouvelle génération de la NASA, au complexe de lancement, deux jours avant son premier lancement pour la mission Artemis 1 à Cap Canaveral, Floride, États-Unis, le 1er septembre 2022. STEVE NESIUS/REUTERS
Le lancement de la nouvelle mégafusée de la NASA vers la Lune a de nouveau été retardé. Lors des derniers préparatifs, les équipages ont tenté, le samedi 3 septembre, de résoudre un problème de fuite de carburant, mais sans succès. Le directeur du lancement, Charlie Blackwell-Thompson, a finalement pris la décision d’annuler le décollage du Kennedy Space Center en Floride, a déclaré un commentateur de la NASA dans une diffusion vidéo.
Le lancement de la fusée SLS orange et blanche, qui sera son premier vol, pourrait avoir lieu lundi ou mardi, mais les équipes de la Nasa devront analyser toutes les données avant de décider d’une nouvelle date. Après mardi, aucune nouvelle opportunité de lancement ne sera possible avant le 19 septembre, en raison des positions respectives de la Terre et de la Lune.
La mission, sans équipage à bord, est de lancer le nouveau programme Artemis, cinquante ans après le dernier vol Apollo. Le décollage était prévu à 14h17 heure locale (20h17 heure de Paris) depuis le Launch Pad 39B du Kennedy Space Center, en Floride, et restait possible pendant les deux heures suivantes si nécessaire. Les conditions météo étaient favorables à 60% au début de cette fenêtre de tournage, puis devraient progressivement s’améliorer à 80%.
Peu avant 6 heures locales (12 heures, heure de Paris), l’autorisation a été donnée de commencer à remplir les réservoirs de la fusée avec son carburant cryogénique, soit un total d’environ trois millions de litres d’hydrogène et d’oxygène liquide ultra-froid.
Mais un peu plus d’une heure plus tard, une fuite est découverte à la base de la fusée, au niveau du tube par lequel passe l’hydrogène vers le réservoir. Le flux a été stoppé pendant que les équipages cherchaient une solution.
Lundi, lors de la première tentative, le lancement a été annulé à la dernière minute en raison de problèmes techniques, notamment au niveau du refroidissement du moteur.
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Tremplin pour un voyage vers Mars
Le but de cette mission sans pilote, appelée Artemis-1, est de tester si la capsule Orion, au sommet de la fusée, est suffisamment sûre pour transporter des astronautes à l’avenir. Grâce à ce nouvel engin, l’agence spatiale américaine entend renouer avec l’exploration humaine lointaine, puisque la Lune est mille fois plus éloignée que la Station spatiale internationale.
Surtout, la Nasa entend cette fois y établir une présence humaine permanente pour en faire un tremplin pour un voyage vers Mars.
En plein week-end prolongé aux Etats-Unis, jusqu’à 400 000 personnes étaient attendues pour admirer le décollage, notamment depuis les plages environnantes. De nombreux astronautes avaient également fait le déplacement, dont le Français Thomas Pesquet.
Il ne reste que quelques heures sur Terre pour cette magnifique machine : la fenêtre de lancement s’ouvre à 20h17. Il fait beau et… https://t.co/Qfu707foS3
— Thom_astro (@Thomas Pesquet)
En cas de succès, deux minutes après le décollage, les boosters devaient retomber dans l’Atlantique. Après huit minutes, la scène principale a dû se séparer à son tour. Puis, après environ une heure et trente minutes, la dernière poussée de l’étage supérieur consistait à mettre la capsule en route vers la lune, pour l’atteindre en quelques jours. Le voyage devrait durer environ six semaines. Orion planera jusqu’à 64 000 kilomètres derrière la Lune, plus loin que tout autre vaisseau spatial habité à ce jour.
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Un voyage de 2,1 millions de kilomètres
L’objectif principal d’Artemis-1 est de tester le bouclier thermique de la capsule, le plus grand jamais construit. En pénétrant dans l’atmosphère terrestre à une vitesse de 40 000 km/h, sa température atteint 2800°C. Au total, le navire doit parcourir environ 2,1 millions de kilomètres jusqu’à ce qu’il atterrisse dans l’océan Pacifique.
Le plein succès de la mission serait un soulagement pour la NASA, qui attendait initialement le premier lancement de SLS en 2017 et investira plus de 90 milliards de dollars dans son nouveau programme lunaire d’ici fin 2025, selon un audit public.
Le nom Artémis a été choisi d’après une figure féminine, la sœur jumelle du dieu grec Apollon – faisant écho au programme Apollo, qui n’envoya que des hommes blancs sur la surface lunaire entre 1969 et 1972. Cette fois, la NASA veut autoriser la première personne de couleur et la première femme à marcher sur la lune.
La prochaine mission, Artemis-2, transportera des astronautes sur la lune en 2024 sans y atterrir. Cet honneur sera réservé à l’équipage d’Artemis-3, au plus tôt en 2025. Après cela, la NASA souhaite lancer environ une mission par an. Ensuite, il s’agira de construire une station spatiale en orbite lunaire, appelée Gateway, et une base à la surface de la lune.
Là-bas, la NASA veut tester les technologies nécessaires pour envoyer les premiers humains sur Mars : de nouvelles combinaisons, un véhicule, une éventuelle utilisation de l’eau lunaire…
Selon le chef de la NASA, Bill Nelson, un aller-retour vers la planète rouge à bord d’Orion, d’une durée de plusieurs années, pourrait être effectué d’ici la fin des années 1930.
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Le monde avec l’AFP
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