Le pape François est accueilli par les dirigeants des Premières Nations à Edmonton, Canada, le 24 juillet 2022. ERIC GAY/AP
La première étape du “pèlerinage pénitentiel” du pape François au Canada, lundi 25 juillet, aura lieu dans un cimetière. Il était arrivé la veille à Edmonton (Alberta, ouest) pour demander pardon pour les mauvais traitements infligés de 1831 à 1996 dans 139 écoles dirigées par des missionnaires chrétiens à environ 150 000 enfants enlevés à leurs familles autochtones dans le but de « tuer les Indien en eux”, le chef de l’Église catholique s’est réuni dans un cimetière situé au sud de la ville, sur le territoire des quatre nations moscovites. Les autorités canadiennes estiment maintenant que plus de 6 000 enfants des Premières nations, inuits ou métis ont payé de leur vie leur internement. Des corps sont régulièrement retrouvés autour des anciennes colonies. De nombreux autres anciens résidents sont décédés prématurément.
À Maskwacis se trouvait l’un des plus grands de ces pensionnats, celui d’Ermineskin. À deux pas du monument érigé à sa place, le pape, en fauteuil roulant, escorté de quatre chefs des Premières Nations, a rencontré environ 2 000 représentants des peuples autochtones du Canada. Ils demandent depuis longtemps des excuses à l’Église catholique, qui gère 60 % de ces établissements. Dans le premier discours de son séjour, en présence du premier ministre Justin Trudeau, il leur a demandé pas moins de sept fois leur “pardon” pour les “expériences dévastatrices qui se sont produites dans les dortoirs”.
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Dans ces institutions, les enfants étaient coupés de leur famille, de leur langue et de leur culture. Ils étaient souvent contraints de travailler et soumis à des conditions de vie et d’hygiène qui provoquaient des épidémies. Beaucoup d’entre eux ont subi des abus et des violences, y compris des violences sexuelles. D’autres confessions chrétiennes se sont excusées dans les années 1990 pour avoir contribué à ce système. Le gouvernement canadien aussi. L’Église catholique avait refusé. Jusqu’au printemps, le pape François a reçu des représentants de la population indigène à Rome et a commencé à présenter des excuses. La visite au Canada s’inscrit dans la continuité de ce processus.
“Douleur, indignation et honte”
Le chef de l’Église catholique leur a prononcé un discours très personnel, évoquant « la douleur, l’indignation et la honte » qui l’accompagnent depuis le printemps.
“Je demande pardon pour la manière dont, malheureusement, de nombreux chrétiens ont soutenu la mentalité colonialiste des forces qui ont opprimé les peuples autochtones. je suis contrarié Je demande pardon, en particulier, pour la manière dont de nombreux membres de l’Église et des communautés religieuses ont coopéré, même dans l’indifférence, à ces projets de destruction culturelle et d’assimilation forcée des gouvernements de l’époque, qui ont conduit au système des internats. (…) Ce fut une erreur dévastatrice, incompatible avec l’Evangile de Jésus-Christ. (…) Je voudrais le répéter avec honte et clarté : je demande humblement pardon pour le mal commis par de nombreux chrétiens contre la population indigène. »
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