France

Le parquet de Nancy renonce au profit du pôle antiterroriste de Paris

Le parquet de Nancy a annoncé jeudi 9 juin que la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) perd l’affaire Mia au profit du pôle antiterroriste du tribunal de Paris, “en concertation avec le parquet national antiterroriste – terroriste”.

“En fait, il s’est avéré (…) que ces actions faisaient partie intégrante du plan d’action violent du groupuscule d’extrême droite dénommé DW Reversal, dirigé contre l’Etat et ses représentations”, a déclaré le procureur François Pereen. , dans un communiqué.

“Il s’agit en fait de combiner ces faits [l’enlèvement de Mia] de ceux qui ont déjà été instruits par le pôle antiterroriste du Tribunal judiciaire de Paris, étant donné que l’enlèvement d’enfants placés en famille d’accueil fait partie intégrante du plan d’action violent de ce groupuscule, a ajouté le Parquet national antiterroriste avec l’Agence France Presse (AFP).

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Les juges d’instruction statueront “dans un délai de huit jours à un mois”, a indiqué le parquet de Nancy, après quoi la décision “est susceptible de faire l’objet d’un pourvoi devant la chambre criminelle de la Cour de cassation dans un délai de cinq jours”. période.

Une « main habile juridique » pour l’avocat de Remy Daye

L’avocat de Remy Daye, figure des cercles complotistes, soupçonné d’avoir orchestré l’enlèvement de Mia et d’être la tête pensante du groupuscule, a dénoncé une “main habile judiciaire en forme de coup d’Etat”.

La petite Mia, alors âgée de huit ans, vivait chez sa grand-mère dans les Vosges lorsqu’elle a été enlevée, le 13 avril 2021, par plusieurs hommes à la demande de sa mère, qui n’avait plus la garde d’elle et n’était plus autorisée la voir seule. La mère et la petite fille ont été retrouvées vivantes et en bonne santé cinq jours plus tard dans un squat en Suisse.

Sa mère, Lola Montemagi, 28 ans, a été arrêtée et inculpée d’« enlèvement d’un mineur de 15 ans en bande organisée » et « d’avoir fait sortir un mineur ascendant de la république ». Initialement placée en garde à vue, elle a été libérée sous contrôle judiciaire en septembre.

Accusé dans deux affaires

Rémy Daye, de son côté, a ensuite été inculpé et incarcéré mi-juin, notamment pour “complicité d’enlèvement d’un mineur de 15 ans en bande organisée” et “association de malfaiteurs”. Au total, onze personnes ont été poursuivies dans cette affaire.

M. Daye, aujourd’hui âgé de 55 ans, a également été inculpé le 22 octobre d'”association criminelle terroriste”: il est soupçonné d’être le “cerveau” d’un groupe d’ultra-droite planifiant des violences et un “coup d’Etat” contre le gouvernement.

Dans cette dernière affaire, 15 personnes aux profils différents ont été inculpées – un ancien militaire, un ingénieur chimiste, un ancien candidat FN aux législatives, un agent de sécurité ou un ouvrier du spectacle – appartenant à l’extrême droite. Des informations judiciaires ont été découvertes en mai 2021, à la suite d’arrestations initiales impliquant un petit groupe néo-nazi d’idéologie, d’honneur et de nation, et se sont propagées aux soupçons de “plans de coups d’État et autres actes de violence”.

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Le monde avec l’AFP