La guerre en Ukraine a forcé les Européens à imaginer une vie sans énergie russe, 30 % du gaz et 28 % du pétrole qu’ils consomment provenant de Russie. Mercredi 18 mai, la Commission a présenté son plan de bataille : augmenter les énergies renouvelables, accélérer les économies d’énergie, diversifier les approvisionnements en gaz… Globalement, l’exécutif communautaire assure que ces mesures, qui nécessiteront 210 milliards d’euros d’investissements dès 2027, permettront à la L’Union européenne (UE) doit réduire de deux tiers sa dépendance aux hydrocarbures russes d’ici fin 2022 et s’en sortir complètement « dès que possible ».
Avant l’agression russe, les Européens, chacun jaloux de sa souveraineté énergétique, n’auraient jamais imaginé cette réflexion collective. Si certains d’entre eux – notamment les pays baltes ou la Pologne – avaient déjà engagé une stratégie en ce sens, d’autres, dont l’Allemagne, n’envisageaient pas de rompre les liens avec Moscou.
Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Les écueils de la dépendance européenne au gaz russe
Le conflit a tout changé. Non seulement il est paradoxal d’aider Kiev, d’un côté, tout en continuant à financer la guerre de Poutine, de l’autre, mais personne dans l’UE, pas même la Hongrie de Viktor Orban, pourtant proche de Vladimir Poutine, ne conteste la nécessité en coupant tous liens entre la dépendance vis-à-vis de la Russie. Vingt-sept ont déjà décidé de se passer du charbon russe d’ici août. Ils négocient la possibilité d’un embargo pétrolier, mais s’opposent jusqu’à présent au refus de Budapest.
Quant au gaz, il n’y a pas de sanctions contre Moscou à ce stade. Mais les 27 savent que le Kremlin peut décider de couper du jour au lendemain leur robinet de gaz, comme il l’a fait avec la Pologne et la Bulgarie, ou l’électricité, comme il l’a fait avec la Finlande. “Nous nous attendons à ce que les Russes fassent du chantage à tout moment”, a déclaré le porte-parole de la Commission, Eric Mamer. Mieux vaut donc se préparer rapidement.
Lire aussi : Article réservé à nos abonnés gaz : la Russie accentue la pression sur l’Europe
Contacts en Norvège, au Qatar et en Algérie
A court terme, les Vingt-Sept n’ont d’autre choix que d’acheter du pétrole et du gaz ailleurs, d’exploiter la plupart des centrales nucléaires existantes, d’en rouvrir certaines et de remettre en état les mines de charbon fermées. . Dans ce contexte, la Commission a déjà annoncé que les États-Unis étaient prêts à augmenter leur approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) de 15 milliards de mètres cubes en 2022 (soit 10 % du gaz russe vendu dans l’UE par an) et de 50 milliards mètres cubes d’ici 2030. Multiplie les contacts en Norvège, au Qatar et en Algérie pour trouver d’autres sources d’approvisionnement.
Il vous reste 63,5% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.
Add Comment