Benjamin Peter 11 h 24, 12 juin 2022, modifié à 11 h 55, 12 juin 2022
Le propriétaire d’un site touristique vient de débourser 100 000 euros en Dordogne pour rouvrir une route fermée deux ans après un glissement de terrain. Face à l’inaction des pouvoirs publics, il décide de prendre en charge la sécurisation de cette route départementale.
“On n’en pouvait plus, on n’en pouvait plus”, résume Jean-Max Touron. A partir de novembre 2019, la route départementale 66, qui mène à son site touristique La Roque Saint Christophe, est fermée. Un rocher s’est détaché du rocher dans le fossé. La préfecture a appliqué le principe de précaution et interdit l’accès.
Même si un autre accès à ce site troglodytique, le plus visité d’Europe, restait ouvert, de nombreux touristes s’y perdaient. “On a perdu beaucoup de records”, explique Jean-Max. “Le GPS a détourné les visiteurs qui ne sont pas venus chez nous.” La route est intacte, mais pour lui permettre de rouvrir, il faut sécuriser le rocher pour éviter un nouvel éboulement.
“Je n’ai pas vu de solution”
Légalement, le propriétaire doit payer, mais c’est un paysan qui n’a pas d’argent. Depuis deux ans, l’Etat et le ministère financent des études préalables, mais personne ne veut payer les travaux. La petite commune de Peixa le Moustier, dotée d’un budget de 200 000 € par an, ne peut imaginer être redevable de la réouverture de la route. Même dans le cas du rachat du terrain par la mairie, qui permettrait l’octroi de subventions, le montant de l’intervention d’une société de sécurité spécialisée reste trop élevé pour cette collectivité. Ainsi, au terme d’une nouvelle rencontre, Jean-Max Touron a décidé de financer les travaux à hauteur de 100 000 euros.
“Je n’ai pas vu la solution. On ne voulait pas refaire une saison complète avec cette route départementale fermée », a-t-il déclaré. “Tout le monde a dit: ‘Nous ne pouvons pas payer.’ Lors de la dernière réunion, je me suis rendu compte que cela traînerait encore. Voyant que la situation pourrissait, je me suis coincé, j’ai dit allez, on fait un effort. Je n’y ai même pas pensé, j’ai dit, allez-y, on paye. »
Un mois de travail
Pendant un mois, le travail a consisté à abattre des rochers dangereux et à prévenir de nouveaux éboulements. “Ils ont recouvert d’autres rochers avec des filets. Ensuite, ils ont foré quelques mètres de profondeur dans la roche et inséré des boulons de tiges de fer”, explique-t-il. Il espère désormais que l’accès à La Roque Saint Christophe sera assuré dans quelques années. Une initiative qui a également plu aux villageois, dont certains ont dû parcourir une dizaine de kilomètres pour faire leurs courses ou se rendre au travail.
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