France

Le Sénat rétablit la possibilité de contrôler les passagers

La partie de ping-pong continue. Le Sénat, dominé par la droite, a adopté le projet de loi sur la santé en première lecture dans la nuit après avoir rétabli la possibilité de recourir aux contrôles de santé des voyageurs, qui avait été supprimée par l’Assemblée nationale.

Le texte, qui entérinait l’expiration au 1er août des régimes d’urgence instaurés pour lutter contre l’épidémie de Covid, a été voté par 189 voix contre 33. Le PS, les écologistes, les groupes à majorité radicale RDSE et les indépendants se sont abstenus. Le groupe à majorité communiste CRCE a voté contre. 14 sénateurs de LR (sur 145) ont également voté contre, et 13 se sont abstenus.

Députés et sénateurs tenteront jeudi de s’accorder sur une version commune au sein d’une commission mixte paritaire (CMP). En cas d’accord, il devra être voté une dernière fois par les deux chambres. “Nous irons au CMP demain avec un point de ralliement”, a déclaré le sénateur du groupe majoritaire RDPI En Marche Alain Richard. En cas d’échec, la navette continuera.

Voyageurs de l’étranger et de l’étranger

A l’Assemblée nationale, le projet “surveillance et sécurité sanitaires” a été amputé de son membre clé par une combinaison de voix du RN, de LR et de la majorité de l’alliance de gauche Nupes. Un premier revers législatif pour la majorité présidentielle, qui place le Sénat en position de force.

Devant les sénateurs, le ministre de la Santé François Brun s’est déclaré “prêt” à construire un “compromis sans compromis”. Evoquant une “nouvelle donne politique et parlementaire”, le président du groupe LR Bruno Retailo s’est félicité “de l’affirmation du bicamérisme, qui sera désormais plus équilibré”. Le Sénat a approuvé le dispositif renforcé proposé par le rapporteur LR Philippe Bas, amendé en séance.

Il se présente sous la forme de deux appareils distincts. Le premier s’applique aux voyageurs en provenance de pays étrangers. En cas d’apparition d’une nouvelle variante Covid particulièrement dangereuse, le gouvernement pourra exiger la présentation d’un test négatif à l’embarquement. Ceci pendant un mois, après quoi un vote au parlement est requis. Un second dispositif de ce type pourrait s’appliquer aux déplacements dans les collectivités ultramarines “en cas de risque de saturation” de leur système de santé.

A l’initiative de Philippe Bonnecarrère (Centriste) et Thani Mohamed Soilihi (RDPI), une possibilité de vérification a été mise en place pour les personnes issues des collectivités ultramarines.

En revanche, le Sénat a rejeté des amendements apportés par plusieurs groupes, dont des centristes, pour rétablir la possibilité de présenter non seulement un test négatif mais aussi une preuve de vaccination ou de guérison du Covid.

Le cas des soignants non vaccinés est discuté

Autre sujet débattu, la question de la réinsertion des soignants non vaccinés, alors que diverses autorités scientifiques oscillent entre réticences et “fortes oppositions” face à une telle éventualité. “Nous créons une voie de réinsertion”, a expliqué Philip Bass, pour qui “la solution doit être médicale, elle le sera”.

Selon la proposition du rapporteur, l’obligation de vacciner les soignants cesserait dès que la Haute Autorité de santé estimerait qu’elle n’est plus justifiée, et les soignants non vaccinés seraient “immédiatement réintégrés”. Le ministre, qui a fait état de 2.605 fermetures dans le secteur de la santé, a qualifié le dispositif d'”équilibré”.

Pour Bernard Jaumier (PS) “ce n’est qu’un message politique qui est envoyé et qui s’inscrit dans le cadre des nouveaux équilibres de nos assemblées”. Chez les sénateurs LR, Alain Millon s’est opposé à cette disposition, craignant qu’elle ne crée un “précédent” pour d’autres obligations de vaccination. Alain Hooper a en revanche appelé le ministre à “libérer nos soignants, nos forces de l’ordre, nos pompiers”.

Les sénateurs ont explicitement prévu dans le texte l’annulation des régimes permettant l’introduction de restrictions aux libertés, comme la détention, le couvre-feu ou les laissez-passer sanitaires », a commenté le ministre. Enfin, le texte permet d’étendre les outils de surveillance des épidémies SI-DEP et Contact Covid.