France

Legault veut-il détruire PQ?

À un moment donné, François Lego et le PQ se sont cognés du coude pour remporter le vote nationaliste. Après les élections de 2018, le rapport de force entre les deux partis a changé. La CAQ est devenue un parti très fort lorsque le PQ s’est effondré.

Aujourd’hui, l’image qu’on projette sur nous est celle d’un parti puissant qui investit toutes ses ressources pour détruire l’autre. Plusieurs députés péquistes accusent François Lego d’avoir tendance à faire saigner le PQ.

Pour ceux qui veulent illustrer cette thèse, les exemples ne manquent pas. La CAQ courtise avec bonheur d’anciens membres du Parti québécois depuis plusieurs années. Le mois dernier, l’avènement de Bernard Drainville, ancien candidat à la chefferie du PQ, a porté un coup dur.

Cette semaine, la CAQ a reconduit le maire de Baie-Comeau, ancien candidat péquiste, pour affronter l’un des derniers à quitter le PQ. Finalement, il a choisi de prendre sa retraite. Avec la Gaspésie, la Côte-Nord est l’une des dernières régions à rester fidèle au PQ. Rien n’est certain pour PQ.

longue compagnie

Au fil des ans, la CAQ a vidé le PQ de plusieurs de son troupeau. Après les élections de 2018, alors que les ministres devaient s’entourer de conseillers chevronnés, l’équipe Legault a recruté à deux mains de l’ex-PQ. Une amie du PQ m’a alors confié à quel point elle avait l’impression de connaître tout le monde dans les bureaux du ministère.

Ce faisant, François Lego a privé le PQ de dizaines de ses organisateurs, un vivier de talents. Cela a rendu la reconstruction des milliers de fois plus difficile.

Les symboles ont aussi leur importance : François Lego ne manque pas l’occasion d’honorer les figures du PQ. René Lévesque, Camille Lauren, Jacques Pariso, tels que multiplient les gestes de respect.

L’Union nationale

Plusieurs anciens membres du Parti Québécois auront reconnu quelque chose dans la méthode Lego. C’est exactement l’opération que le Parti québécois a faite avec l’Union nationale. René Lévesque a même érigé une statue en l’honneur de Maurice Duplessis sur le territoire de l’Assemblée nationale.

Les légendes du PQ m’ont déjà parlé du rôle d’André Belleroz, un organisateur intelligent et dur qui avait travaillé sur le dossier du retour des syndicalistes déçus au PQ. Il y a recruté des organisateurs, expliquant que les bleus sont désormais PQ !

Au terme de l’exercice, René Lévesque fait venir le chef Rodrigo Biron pour le référendum de 1980. Et devinez quoi… L’Union nationale, qui avait 18 % des suffrages et 11 sièges en 1976, a disparu en 1981 avec 4 % des voter et pas de sièges. . PQ a mangé Union Nationale, propre et simple.

Est-ce que Legault veut faire la même chose avec PQ ? Peut-être.

Est-ce que ça le fait par mesquinerie ou vengeance, puisqu’il vient lui-même du PQ ? J’espère que non.

La politique c’est la guerre. Le PQ a tué l’Union Nationale pour survivre à long terme. Il s’est dit qu’il n’y avait pas de place pour deux partis nationalistes…