Les dissidents socialistes opposés au Nupes ont été balayés au premier tour des législatives malgré le soutien des “éléphants” du parti
Opposés pour des raisons idéologiques à l’accord de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) ou estimant qu’ils auraient dû être investis car mieux implantés au niveau local, ces dissidents soutiennent leur candidature face aux prétendants du Nupes, unissant La France insoumise, le Parti socialiste, Europe Ecologie-Les Verts, le Parti communiste et Génération.s. Mais “seuls trois se sont qualifiés”, assure le PS, qui se félicite que 59 de ses 70 candidats aient été investis par le Nupes au second tour.
Pour Olivier Faure, considéré par ses adversaires comme le fossoyeur du parti, Nupes “a démontré sa capacité à créer une forme d’engouement à gauche” et “réaffirmé” sa stratégie de rassemblement. “Les résultats sont là”, a-t-il déclaré lundi à France 2.
Principale exception, le député pyrénéen sortant David Habib, sans candidat de la majorité contre lui, est en tête dans sa circonscription, devant le candidat du Nupes Jean-François Baby. En Ariège, Laurent Panifus menace le député Nupes-LFI sortant Michel Larive. Et dans le Lot, Christoph Proensa affrontera un triangle avec les candidats Nupes-LFI Thierry Grossmy et Ensemble-Renaissance Huguette Tiegna.
Plusieurs autres candidats, que le PS ne considère pas comme des dissidents car ils n’ont plus de carte de parti, s’en sortent bien, comme Bertrand Petit dans le Pas-de-Calais, qui affronte un candidat RN ; ou encore David Taupiac dans le Gers, qui est en congé du PS mais que le parti prétend soutenir, face à un candidat majoritaire.
Ailleurs, c’est le massacre : le député sortant Jérôme Lambert a été balayé en Charente. Les sept dissidents de l’Hérault, défendus par le maire socialiste de Montpellier, Christophe Delafos, ont été battus. De plus, il n’y a plus de dissidents en Dordogne, en Seine-Maritime, en Meuse, en Côte d’Armor ou dans les Pyrénées-Orientales, a indiqué Sébastien Vincini, le secrétaire national du PS, qui a regretté que dans certaines circonscriptions ces candidatures « aient contribué à diviser la gauche Nupes d’être au second tour”, souvent en faveur du duel du RN-Ensemble.
Pour Corinne Narasiguin, PS n°2, le résultat du premier tour a marqué l’échec de ceux qui ont fait campagne sur “Nupes n’est pas ma gauche”. Ils sont vus comme des diviseurs. Une allusion à Carol Delga, présidente de la région Occitanie, hostile au syndicat, qui s’active sur le terrain pour soutenir les dissidents. Dimanche soir, Mme Delga a appelé à “bloquer les candidats d’extrême droite en votant pour le candidat le mieux classé, quelle que soit leur étiquette”.
Plus généralement, les « éléphants » du PS réfractaires aux Nupes ont été fragilisés. Des candidats soutenus par l’ancien président François Hollande, dont Anic Thais dans sa forteresse de Corrèze, ont été balayés, tout comme la plupart de ceux que l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve était venu aider, et quatre dissidents soutenus par le maire du Mans Stéphane Le Foll. Sarthe.
Même Lamia El Aarahe, soutenue par l’ancien Premier ministre Lionel Jospin, a essuyé un décevant 17,5% à Paris, lui laissant peu de chances au second tour face au candidat de Nupes, l’insoumis Daniel Simonet (48%).
Philippe Dusse, membre du courant minoritaire PS opposé au Nupes, a reconnu que “la dynamique du rassemblement est forte” et que l’organisation locale de certains dissidents “ne joue pas beaucoup”. “Les élections législatives sont devenues entièrement présidentielles”, a-t-il conclu. Mais il a prévenu : “Nous verrons dimanche si le second tour se transformera en référendum contre Mélenchon et combien de députés il y aura”.
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