France

Législatives : Mélenchon promet de virer Lalement s’il gagne

Capture d’écran YouTube Lors d’une réunion à Paris alors que Géral Darmanin était entendu au Sénat sur le fiasco de la finale de la Ligue des champions au Stade de France, Jean-Luc Mélenchon a promis de limoger le préfet de police de Paris Didier Lali.

POLITIQUE – C’est devenu un combat personnel. Ce mercredi 1er juin, deux événements politiques ont coïncidé à quelques kilomètres de Paris : la rencontre de Jean-Luc Mélenchon et Nupez à l’approche des législatives de la mi-juin et l’audition au Sénat de Gérald Darmanin et Amélie Udea- Custer sur le fiasco final de la Ligue des champions, organisée quatre jours plus tôt au Stade de France.

Et c’est un euphémisme de dire que le candidat rebelle à la dernière élection présidentielle a réussi à revenir sur cette actualité qui dérange l’exécutif même à l’étranger.

Après plus d’une demi-heure d’interventions dans une salle du 11e et succédant à la tribune de Sofia Chikiru et Julien Bayu, Jean-Luc Melenchon aborde efficacement la question de la sécurité dans l’agenda des législatives de l’Alliance à gauche. Et de commencer, au détour de la phrase : « Darmanin devant le Sénat, vous n’avez pas suivi ? Bon, il parle de l’affaire du stade…”

“Nous voulons des sanctions pour les dirigeants”

Le point de départ de la contestation, dans laquelle le chef rebelle cite le ministre de l’Intérieur disant : “Il y a eu des gestes inappropriés, disproportionnés de la part d’un certain nombre de policiers et de gendarmes mobiles qui ont été documentés”. Et Jean-Luc Mélenchon, de poursuivre sa citation : « Je l’ai vu en personne, dit celui qui a aggravé le gâchis en étant sur le terrain, « deux faits dans lesquels l’ordre public et l’usage des gaz lacrymogènes contredisent clairement le travail ». ”

Citant les propos du ministre, qui a ironisé, qui fait régulièrement l’objet d’accusations, voire de poursuites par des syndicats de police, sur la réaction de la “petite secte dite l’Alliance” à une telle déclaration. Et cette pique contre l’un des principaux syndicats de police a provoqué la joie et les applaudissements du public. Surtout après que Jean-Luc Mélenchon ait expliqué qu’en reconnaissant l’échec du Stade de France, “les propos de M. Darmanin au Sénat nous absous de toutes les accusations absurdes portées contre nous”.

Quant au fait que le ministre de l’Intérieur ait poursuivi devant le Sénat, disant qu’il “voulait des sanctions du préfet de police pour ces deux policiers”, Jean-Luc Mélenchon a répondu qu’il n’agirait pas de la sorte. “La différence, c’est que nous voulons des sanctions pour les dirigeants, pas pour les troupes.

La mort de Zineb Reduan a été condamnée

Ce qu’il illustre d’un pas, comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous, commençant à 1h26 en disant : “Préfet de police Lalement, dans trois semaines je suis élu et il est sorti.” Avec une nouvelle salve de toasts en réponse au public.

Après avoir rendu compte ainsi de l’audition de Gérald Darmanin devant le Sénat, Jean-Luc Mélenchon est venu au coeur de son argumentaire, à savoir exposer les violences policières et la manière dont l’exécutif y a réagi depuis l’investiture d’Emmanuel Macron en 2017.

Si vous pouvez demander des informations sur deux “gestes inappropriés”, l’élu de Marseille, que je suis (une ville avec cette rue qui descend, avec un immeuble de cinq étages), vous dit qu’un autre geste inapproprié consiste à lancer un grenade insultante contre une femme de 83 ans. Un rappel de la mort de Zineb Redouan, tuée après avoir été touchée par des gaz lacrymogènes alors qu’elle fermait ses volets en marge d’une manifestation de gilets jaunes fin 2018 à Marseille.

Repenser complètement la doctrine de la police

Jean-Luc Mélenchon a également insisté sur cette période du premier mandat de Macron, marquée par une réponse policière violente et controversée aux manifestants : « J’ai aussi vu des gestes déplacés qui ont aveuglé les gens 32 fois ! Je n’ai jamais rien fait d’autre que protester contre un tel recours à la force.

Quant à la police, nous ne nous soucions pas des troupes, mais des chefs ! Je vous dis : le préfet de police Lallement, après 3 semaines, je suis élu : il part. #NupesParishttps://t.co/DCxerVmzewpic.twitter.com/vekly0UKCP

— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) 1 juin 2022

Ainsi, Jean-Luc Mélenchon a voulu marquer son opposition à Emmanuel Macron et Gérald Darmanin en termes de maintien de l’ordre et d’usage de la force par l’Etat. “Alors que nous nous dirigeons vers les Jeux olympiques, je demande que tout le concept de l’usage de la force soit reconsidéré et reconsidéré.

Et il s’est adressé directement à des policiers qui manient parfois des armes mortelles, “des jeunes hommes qui peuvent prendre une arme pour tirer sur quelqu’un au visage”, à qui il a voulu dire que c’était un geste immoral et que c’était un geste qui a rien à voir avec le respect que doivent mériter ceux qui portent l’uniforme ».

Car pour ceux qui cherchent à être “élus” Premier ministre les 12 et 19 juin grâce à la victoire de Nupes aux législatives, les années Macron ont marqué un tournant alarmant. “Assurer le calme autour d’un match de foot ?” Fait : tout ce que nous savons faire, c’est tirer sur la foule et battre ceux qui bougent. Un fait qu’il veut changer : “Ce n’est pas une idée que nous avons pour les policiers et ils sont capables de faire autre chose. Mais pour cela, il faut changer de dirigeants, changer de normes et changer de supervision. Je le sors à ceux qui dirigent. » Déjà condamné, le préfet de police de Paris a été prévenu.

À lire aussi HuffPost : “On a évité des morts” : Gérald Darmanin félicite le leadership de Didier Laleman lors de la finale du Stade de France