Combats, destructions, harcèlement sexuel, tentatives de suicide… Le séjour des jeunes de la région au centre de vacances de Saint-Lary-Soulan dans les Hautes-Pyrénées a viré au cauchemar la semaine dernière. Ce jeudi, c’est le Café de l’Hérault, désigné par le patron de la Fédération des Œuvres Laïques des Charentes (FCOL), Jean-François Bailleau, qui est aux manettes.
Des enfants choqués, des parents en colère et le responsable de la Fédération des affaires laïques de Charente (FCOL), qui avoue sans ambages : « Ce que nous venons de vivre est du jamais vu. Nous essayons de faire respirer les enfants, mais il leur faudra plus d’une semaine pour évacuer ce qu’ils ont vécu.”
Le séjour des jeunes – entre 7 et 15 ans – à la colonie de vacances de Saint-Lary Soulan dans les Hautes-Pyrénées début août a viré au cauchemar. Sur place 91 enfants d’Occitanie dont 39 charentais.
C’était terrible, un groupe voulait jouer au patron et imposer sa loi
Des filles ont été agressées sexuellement, d’autres enfants ont été volés, des alarmes incendie ont été déclenchées. Il y a eu des bagarres à plusieurs reprises, dont une avec des béquilles et une autre au cours de laquelle un adolescent a sorti un couteau. Des témoins disent que nous avons frôlé les émeutes à plusieurs reprises et qu’il y a eu beaucoup de destructions et de dégâts matériels. Le chaos continua jour et nuit pendant plusieurs jours. Les enfants ont été contraints de se barricader pour échapper aux combats.
L’adolescent a tenté de se suicider
Pire encore, une fillette de 12 ans a tenté de se suicider en mettant une ceinture autour de son cou.
“C’était terrible”, raconte Philippe, un père toulousain dans Midi Libre. Un groupe voulait jouer au patron et imposer sa loi.
Fiona, directrice adjointe du camp Vacances pour tous du 16, a confié à nos confrères de La Dépêche que « ce séjour a été désastreux. Tout s’est mal passé de A à Z (…) Nous n’étions pas dans la violence, mais dans l’extrême violence”, et précise que “sur les douze animateurs, seuls cinq sont diplômés du Bafa”.
Si ça avait continué, il y aurait eu un mort”, assure le patron du FCOL.
La CAF rejette la “responsabilité opérationnelle”
La direction du Caf, partenaire de ce séjour, organisé dans le cadre du dispositif “premiers départs” d’un séjour piloté par l’Unat, dont les Caf Occitanie sont partenaires, se défend ce jeudi de “responsabilité opérationnelle, ni dans l’inscription des enfants de les familles à travers les opérateurs, ni dans la gestion du séjour ».
Thierry Mathieu, directeur du Café de l’Hérault, estime que si la situation est “cauchemar”, comme décrit dans nos colonnes, “des plaintes seront déposées qui feront toute la lumière”. Quant au témoignage du sous-directeur, qui assure que l’encadrement était insuffisamment expérimenté, il pense que cela peut être “un début d’explication”.
Le Café de l’Hérault demandera “un rapport détaillé à l’exploitant et veillera, pour les départs ultérieurs, au strict respect des normes de la réglementation en vigueur”.
Enfants rapatriés d’Occitanie
Sur décision du chef du secteur jeunesse du FCOL, Jean-François Bailleau, qui s’estimait responsable du chaos, les enfants d’Occitanie ont fait l’objet de mesures disciplinaires et tous ont été rapatriés. Pour le directeur adjoint du séjour : “contrairement à ce qui a été dit, les fauteurs de trouble n’étaient pas uniquement originaires de la région d’Occitanie. C’était la moitié.”
A ce jour, plusieurs parents, aussi bien charentais qu’occitans, envisagent un recours collectif. Le chef du FCOL a également décidé d’intenter une action en justice pour toutes les humiliations et les abus.
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