Au deuxième trimestre de cette année, 144 violations des principes de laïcité ont été constatées dans les écoles. Un renouveau, observé depuis décembre dernier.
Les violations des principes de laïcité se multiplient dans les écoles. Selon une note du Service central du renseignement territorial, révélée par RTL et que BFMTV a pu consulter, 144 faits ont été signalés au deuxième trimestre 2022. Le chiffre est en forte hausse par rapport à la période précédente, où 97 faits avaient été signalés.
Ces faits, qui se multiplient depuis décembre 2021, vont du port de symboles religieux clinquants ou de tenues religieuses à des disputes pédagogiques, notamment lors des cours d’histoire, en passant par le refus de participer à des activités comme la natation ou encore le prosélytisme et les provocations verbales. Depuis le début de l’année, on assiste également à une forte recrudescence du port du voile ou des tenues traditionnelles comme l’abaya, le kami ou la jelaba.
“Nous sommes en train de collecter et de remonter un certain nombre d’informations afin d’avoir une vision très synthétique de cette situation et de pouvoir la caractériser sereinement et évaluer le phénomène à l’échelle nationale”, a déclaré Papa Ndiaye, ministre, mardi. Instruction publique à l’issue du Conseil des ministres.
Étanchéité
L’intelligence territoriale offre plusieurs pistes pour expliquer cette hausse. Le contexte électoral marqué par l’émergence de candidats ouvertement hostiles à l’islam et la polémique sur les symboles religieux comme le vote de Grenoble pour autoriser le port de la burqa dans les piscines municipales pourrait susciter des tensions communautaires chez certains musulmans. Les militants islamistes ont également abordé ces questions sur les réseaux sociaux.
Plus largement, cette remise en cause de la laïcité serait aussi le symptôme d’un rejet du pouvoir établi. Beaucoup d’étudiants essaient de négocier avec les directeurs. Le réseau social Tiktok est lui aussi à part et jouerait un rôle clé dans cette montée en puissance, certains élèves incitant leurs camarades à venir à l’école voilées ou habillées en abaya comme un défi.
Or, selon une note faisant suite à un article paru dans le journal L’Opinion, qui constate ce phénomène sans le chiffrer, cette augmentation des faits rapportés s’expliquerait aussi par le fait que les personnels enseignants et personnels de l’Éducation nationale sont plus disposés à signaler les incidents communaux à leur hiérarchie, notamment après l’assassinat de Samuel Patti.
Les enseignants s’inquiètent
La multiplication de ces incidents inquiète le personnel enseignant, ciblant souvent les élèves et même les parents. Ces derniers utilisent déjà les réseaux sociaux pour dénoncer la stigmatisation dont ils feront l’objet de la part de leurs enfants, écrivent les policiers du renseignement territorial. Ainsi, à Rouen, des dénonciations ont été publiées contre une enseignante nommée accusée d’être « contre le voile ». A Lyon, une prof d’éducation physique a été répertoriée sur Twitter pour son “racisme”.
“Il y a des lois, des lois républicaines qui interdisent le port de signes religieux visibles et prosélytes dans les écoles. La loi est très claire à ce sujet, rappelle le ministre de l’Éducation nationale. Il existe également des équipes des Valeurs de la République dans chaque administration. qui travaillent sur ces questions, nous sommes donc très bien préparés pour répondre à ce phénomène. Il nous reste à l’évaluer à l’échelle nationale », a-t-il conclu.
Face à cette inquiétude, l’intelligence territoriale estime que cette vague d’atteintes aux principes de la laïcité doit perdre de son intensité, notamment en été. Cependant, la vigilance sera observée à la rentrée en septembre.
Cecil Olivier avec JC
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