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Les eaux à son meilleur | La Gazette de Québec

À 78 ans, Roger Waters effectuait peut-être sa dernière visite au Québec. S’il l’a jamais été, le souvenir qui restera sera inoubliable. Un concert parfaitement adapté à l’époque actuelle. Très grandes eaux.

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Pour cette tournée This is Not a Drill, qui a traversé le Centre Vidéotron dimanche, l’ancien Pink Floyd, ses sept musiciens et deux chanteurs se sont produits sur une scène centrale avec un immense écran géant au-dessus d’eux.

« Éteignez vos téléphones en ce qui concerne vos voisins. Et si vous n’aimez pas les opinions politiques de Roger Waters, maudissez votre camp au bar », a-t-il commencé par des mots un peu moins polis lors d’une intervention préenregistrée.

Messages politiques

Waters ouvre la soirée avec une version audacieuse de Comfortably Numb, plus lente, avec quelques notes d’orgue et la présence de chœurs, et sans le mythique solo de guitare. Sur les écrans des images d’une ville en ruine. On entend un grondement de tonnerre.

Le cochon volant apparaît dans les images. Le public a répondu. Grande entrée. Différent et surtout réussi. Ce qui faisait du bien avec un titre qu’on a beaucoup entendu et qui commence à brûler.

L’écran monte, on retrouve la scène, le bruit des hélicoptères et c’est parti pour The Happiest Day of Our Lives, suivi bien sûr de Another Brick in the Wall Part 2 et 3.

Des messages politiques pertinents défilent à l’écran et témoignent d’une ère actuelle tumultueuse.

Waters traverse la scène sous des lumières rouges afin qu’il puisse être vu par les gens de l’autre côté.

Avec des tournées récentes où le matériel de Pink Floyd a été omniprésent, le chanteur-bassiste revisite Radio KAOS et Amused to Death avec The Power That Be et The Bravery of Being Out of Range, dans des versions légèrement différentes des originaux.

C’était agréable d’entendre son matériel solo, que nous entendons malheureusement rarement dans ses concerts.

grand moment

Tout au long de The Power That Be, les images font référence aux Montréalais Pierre Coriolanus, George Floyd, Breona Taylor et d’autres qui ont été victimes de brutalités policières. Nous voyons ensuite les Reagan, les Clinton, les Bush, les Obama et les Trump défiler dans The Bravery of Being Out of Range. Un morceau dans lequel le guitariste Dave Kilminster a livré un superbe solo. Une nouveauté, Waters était au piano pour ce titre.

“Santé”, dit-il avant de prendre une grande gorgée d’une bouteille de vin.

Après une nouvelle intitulée The Bar, avec Waters seul au piano, nous avons eu droit à Have a Cigar, un clin d’œil à Syd Barrett avec Wish You Were Here, bien chanté par le public et le deuxième segment, rarement joué en concert, de Illuminez votre diamant fou.

Soudain, il y a des notes d’un piano électrique penaud, déployées par John Karin. A l’écran on peut lire que les chiens et cochons de l’album Animals, sorti en 1977, sont encore plus puissants aujourd’hui.

Quel morceau ! Certainement l’un des plus grands de Pink Floyd. L’objectif n’est pas la formation.

Jouant un tambour à air et faisant réagir la foule en levant les mains en l’air, Waters profitait pleinement du moment avant l’arrivée de l’entracte.

Sur le chemin du retour, les bannières de marteau pour In The Flesh apparaissent.

Tout au long de Deja Vu et Est-ce la vie que nous voulons vraiment ?, Waters obtient le «trafic», les putains d’empires, la Cour suprême, le patriarcat, les armes à feu et les professions, soulignant l’importance des droits de l’homme. Est-ce la vie que nous voulons vraiment ? La question était pertinente.

Après l’inoubliable deuxième face de Dark Side of the Moon, avec les triangles laser pendant Eclipse, la foule a applaudi ses pieds, ce qui a semblé faire exploser le musicien légendaire.

Pendant Outside the Wall, les musiciens ont fait le tour de la scène pour saluer le public. Une belle finition pour terminer une belle soirée.