France

Les émissions de gaz à effet de serre de la France ont augmenté de 6,4 % en 2021 par rapport à 2020.

Par rapport à 2019, niveau d’avant la pandémie, les émissions ont baissé de 3,8 %, et par rapport à 2017, début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, la baisse atteint 9,6 %. JEAN VALAT / AP

Les émissions de gaz à effet de serre en France ont augmenté de 6,4 % en 2021 par rapport à 2020, du fait de la reprise économique après le Covid, mais elles ont diminué de 9,6 % depuis 2017, selon les données officielles provisoires du Citepa, publiées mardi 14 juin. Selon les données publiées en ligne par le Citepa, l’organisme habilité à réaliser un état des lieux des émissions en France, la France a émis 418 millions de tonnes d’équivalent CO2 en 2021.

Cela représente une forte augmentation de 6,4 % par rapport à l’année précédente, mais 2020 a été marquée par une baisse massive des émissions (-9,6 % par rapport à 2019) en raison de la paralysie de l’économie liée à l’épidémie de Covid-19.

“La reprise anticipée pour 2021 ne revient pas aux niveaux d’avant la crise : la tendance à la réduction des émissions se poursuit”, a déclaré sans plus de commentaire le Citepa, qui doit publier son rapport complet sur l’inventaire français dans les prochaines semaines. Par rapport à 2019, niveau d’avant la pandémie, les émissions ont baissé de 3,8 %, et par rapport à 2017, début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, la baisse atteint 9,6 %.

“Malgré la reprise économique en 2021, les émissions continuent de chuter fortement. C’est un bon résultat, qui montre que le gouvernement a engagé des changements structurels dans nos modes de production, de délocalisation et de consommation », s’est félicité mardi le gouvernement à l’issue du Conseil des ministres. “Ces résultats ne sont bien sûr qu’une étape, et les efforts devront être intensifiés en doublant le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre au cours des cinq prochaines années”, a-t-il ajouté.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Le défi de la sobriété face à l’urgence météo

Ce n’est pas assez pour les défenseurs de la planète

Dans le cadre de l’Accord de Paris, qui vise à limiter le réchauffement climatique bien en dessous de +2°C par rapport à l’ère préindustrielle, si possible +1,5°C, la France s’est engagée à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2030 à 1990, la France était à -23% en 2021, selon les dernières données du Citepa. Mais ces objectifs doivent être augmentés dans le cadre du renforcement des ambitions européennes.

Si les émissions françaises ont augmenté en moyenne de 0,7 % par an entre 2014 et 2017, la trajectoire semble désormais être à la baisse, mais pour les défenseurs de la planète ce n’est ni assez vite ni assez vite, car cela illustre le développement très lent de l’éolien. et l’énergie solaire. Et l’État a été condamné par les tribunaux pour ne pas en faire assez pour lutter contre le changement climatique.

Saisi par Grande-Synthe, une commune de la Côte Nord qui s’estime menacée par la montée du niveau de la mer, le Conseil d’Etat a donné neuf mois au gouvernement en juillet 2021 pour “prendre toutes les mesures nécessaires” pour récupérer les émissions de gaz à effet de serre responsables de réchauffement climatique, à un niveau cohérent avec les objectifs de la France. Le Conseil d’État doit réexaminer ce dossier dans les mois à venir.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Sobriété énergétique : la difficile séparation entre activité économique et émissions de gaz à effet de serre

Le monde avec l’AFP