Une unité flottante de stockage et de regazéification amarré au nouveau EemsEnergyTerminal à Eemshaven, aux Pays-Bas, le 8 septembre 2022. Pour être moins dépendant du gaz russe, le terminal transformera du gaz naturel liquéfié en gaz naturel gazeux, qui sera ensuite injecté dans le réseau national de gaz naturel. SIESE VEENSTRA / AFP
Au début de l’été, alors que la guerre en Ukraine s’éternisait et que la Russie avait déjà drastiquement réduit ses approvisionnements en gaz, les Européens craignaient surtout de manquer d’hydrocarbure pour l’hiver prochain. Le Kremlin a depuis fermé le gazoduc Nord Stream 1 et a continué à rationner ses clients européens.
Pourtant, vendredi 9 septembre, les ministres de l’énergie des Vingt-sept réunis à Prague ne se sont pas alarmés. A de rares exceptions près, ils estiment avoir fait le nécessaire pour assurer à leurs concitoyens une relative sécurité énergétique.
Bien sûr, la Slovaquie et la République tchèque restent dépendantes du gaz russe. Certes, l’industrie allemande ne s’en est pas encore totalement affranchie. Mais la grande majorité des Européens aujourd’hui peuvent vivre sans le gaz russe : avant-guerre, il représentait 10 % de leur consommation d’énergie ; aujourd’hui, ce chiffre est tombé à 2,5 %. L’augmentation des réserves de gaz – les réserves sont remplies en moyenne à 83 % de leur capacité au sein de l’Union européenne (UE) –, la baisse de la demande, l’amélioration des interconnexions entre les pays européens et le recours à d’autres fournisseurs – États-Unis, Algérie, Norvège, Qatar… – leur ont permis de se débarrasser du joug de Moscou en un temps record.
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Mais usant de tout leur poids pour éviter les ruptures d’approvisionnement en gaz, les vingt-sept ont contribué à son essor en Europe. D’autant que le Kremlin a su “manipuler” les marchés, comme le répète Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission.
Contrôler l’inflation
Par la suite, les prix de l’électricité ont grimpé en flèche. En effet, le marché unique de l’électricité prévoit que, pour garantir l’approvisionnement de tous, son prix sera déterminé par le prix de la centrale électrique la plus chère – généralement une centrale au gaz – qui devra répondre au besoin. La sécheresse de cet été, qui a réduit la production hydroélectrique, et les difficultés de plusieurs centrales nucléaires en France n’ont pas aidé.
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Dans ce contexte, ce n’est plus l’approvisionnement en gaz qui inquiète les Vingt-Sept, mais la flambée des prix de l’énergie, qui menace la compétitivité de leurs entreprises et provoque des tensions sociales. “Avant, on gérait l’offre”, mais le problème aujourd’hui “c’est la cherté des prix”, juge Tine Van der Straten, ministre belge.
C’est pourquoi, vendredi, l’UE-27 a demandé à la Commission de leur faire au plus vite – c’est-à-dire mardi 13 septembre – des propositions législatives qui permettraient de juguler l’inflation. “Nous ne laisserons pas tomber nos citoyens et nos entreprises”, a insisté Josef Sikala, le ministre tchèque de l’Industrie, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l’UE.
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