France

Les gens s’entassent dans les couloirs, ils n’ont aucune dignité”, dénonce un médecin

L’état de l’hôpital régional de Saint-Jérôme est tellement désuet que les soins aux patients s’en trouvent gravement affectés, dénonce un médecin qui ne comprend pas pourquoi les élus et le gouvernement ne font rien pour améliorer la situation, malgré de nombreuses promesses.

« C’est comme le pont Champlain avant qu’il ne soit reconstruit », explique le Dr Yves Pezan, spécialiste en médecine interne à l’Hôpital Saint-Jérôme.

“L’hôpital est vétuste, il a été construit dans les années 1950, aujourd’hui on en a les conséquences. Le CISSS des Laurentides gère la misère et la pauvreté. C’est incroyable ce que les administrateurs essaient de faire avec cet hôpital », explique le Dr Pesant.

Il déplore le fait que les patients ont peu ou pas de confort et d’intimité. Que la qualité des soins en soit affectée, malgré les efforts continus du personnel.

“Les gens sont entassés dans les couloirs, ils n’ont aucune dignité. Nous sommes dans une situation dangereuse. Ensuite, vous les emmenez dans les étages… il y a une dizaine de chambres pour six patients tous alignés dans la même pièce ! Quatre lits aussi ! », regrette le spécialiste en médecine interne.

Les épidémies de COVID ont aggravé une situation déjà chaotique pour les patients et le personnel.

“Cela n’a aucun sens !” Selon lui, l’hôpital devrait être rénové “de fond en comble”. “Les politiciens doivent se réveiller, nous devons réparer cet hôpital.”

Si l’ancienne ministre de la Santé Danielle McCann avait promis 450 millions de dollars pour rénover le centre hospitalier, le Dr Yves Pessant estime qu’il en faudrait bien plus.

« En phase 1, nous voulons construire des parkings et rénover les blocs opératoires. Tout cela est bien, mais il en faut bien plus. Les phases 2 et 3 n’ont même pas été annoncées et sont estimées à 2,4 milliards de dollars. Les politiciens, le ministère de la Santé et M. Dube doivent travailler ensemble pour faire quelque chose. Même M. Legault l’a dit à plusieurs reprises que c’était sous-financé dans les Laurentides.

Il affirme qu’il est difficile d’attirer des médecins spécialistes car l’établissement est “misérable”.

Avec l’augmentation de la population et la démographie qui gonfle dans les Laurentides, la situation a peu de chances de s’améliorer, au contraire, prévient le médecin.

« Comment les services seront-ils fournis ? », se demande-t-il.

***Regardez son interview complète dans la vidéo ci-dessus.***