Un jour, il faudra arrêter de prétendre que le Canada est le pays de la liberté.
Le Canada est devenu le laboratoire d’une expérience idéologique sans précédent, où la censure, directe et indirecte, officielle et non officielle, présomptueuse et hypocrite, s’impose au nom de la « diversité ».
Le dernier épisode de cette censure concerne le livre Nègres blancs d’Amérique – cet ouvrage classique de Pierre Vallières, central de l’histoire de la pensée québécoise, dont le titre fait scandale depuis plusieurs années.
Nous savons que tout ce que vous avez à faire est de dire le titre de ce livre à la télévision, en classe ou ailleurs, et les combattants fanatiques se lèveront immédiatement, faisant semblant d’être traumatisés à chaque fois qu’ils l’entendent.
Radio-Canada
Ils en veulent à quiconque ose prononcer ce qu’ils appellent le “mot n”, même si c’est dans un contexte purement explicatif, dans une université ou dans une émission d’affaires publiques.
On le sait, le CRTC vient de rendre un « jugement lunaire » réprimandant Radio-Canada et lui demandant de s’excuser de l’avoir laissé dire à l’antenne, précisément dans le cadre d’une chronique consacrée au livre de Vallier.
La logique du CRTC?
Dans notre société organisée autour du culte de la diversité, il faut tenir compte des tabous qui structurent toute communauté. Qui ne blasphème pas. Quiconque blasphème doit être puni.
Mais qui parle au nom de ces « communautés » autoproclamées ? Qui a le droit de dire qu’ils sont officiellement insultés, insultés, blessés ? Qui sont les interprètes dévoués des blessures communautaires ?
Des combattants souvent bruyants et sans talent qui trouvent que les plaintes des victimes sont le seul moyen d’exister en public. Tel est le cas dans cette histoire.
Citons le CRTC. Il stipule que «les titulaires de licences ont la responsabilité de diffuser des programmes qui respectent toujours les normes établies par la société».
Traduisons cette absurdité.
Cela signifie que la liberté d’expression est conditionnée par les normes sociales du moment et qu’il ne sera plus possible de remettre en cause les dogmes et les discours qui dominent la vie publique.
Cela donne un énorme privilège à ceux qui ont le pouvoir d’établir ces normes dans les médias.
Mais soyons honnêtes : le CRTC se contente ici de transformer en principe clair l’écrasant conformisme social qui domine les élites canadiennes.
Le Canada n’autorise pas les débats sur le multiculturalisme, n’autorise pas les débats sur l’immigration de masse, n’autorise pas les débats sur l’action positive, n’autorise pas les débats sur la théorie du racisme systémique.
En fait, quiconque ose en parler se trompe.
La censure
Les vents mauvais d’une haine idéologique qui se fait passer pour une vertu se lèvent automatiquement contre lui.
Apparemment, le Québec ne suit pas ces règles stupides. Son histoire est différente, sa culture aussi, mais le Canada ne l’accepte pas.
Et précisément parce qu’il lui désobéit, l’intolérance canadienne envers lui est plus aiguë que jamais.
La grande obscurité est maintenant. Et elle n’est plus du Québec. Elle est canadienne.
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