France

Les îlots de chaleur étouffent les Bordelais

Les températures remontent encore ce week-end du 27 août à Bordeaux. Durant la canicule de cet été, les habitants ont enregistré jusqu’à 48 degrés à l’ombre dans le centre-ville de Bordeaux. Dans le nouveau quartier Euratlantique en construction, les habitants étouffent. Comment adapter la ville au changement climatique ?

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C’est un problème de société fort. Le climat change et la ville se réchauffe. Certains quartiers de Bordeaux et de l’agglomération sont de véritables îlots de chaleur, où le thermomètre est monté très haut cet été.

C’est la PRINCIPALE préoccupation des villes de France ces dernières années. On constate à plusieurs reprises qu’il fait plus chaud en ville qu’en banlieue ou dans les zones naturelles. Ce climat local associé à l’urbanisation entraîne des problèmes de santé et de bien-être, surtout en été lorsqu’il fait très chaud.

Au sud de Bordeaux, dans le nouveau quartier Euratlantique, qui se construit à proximité de la gare Saint-Jean, se trouve un véritable îlot de chaleur. Les habitants de la rue Amédée Saint-Germain ont créé un collectif pour souligner l’urgence de la lutte contre le réchauffement climatique, notamment en repensant complètement l’urbanisme de nos villes.

“Il faut désormais arrêter toute construction décarbonée, rénover au lieu de démolir, pour restaurer et intégrer au plus vite végétation et espaces verts”, selon le collectif Amédée Sacré Cœur Euratlantique. En effet, les nouvelles constructions de ce quartier leur font peur et ne sont pas du tout favorables au changement climatique.

« Cette zone était déjà un îlot de chaleur avant le programme d’aménagement et de construction d’Euratlantique et effectivement les immeubles (R+6) n’ont fait qu’accentuer le problème. nous avons donc pris des relevés de température. Devant cet immeuble aux façades blanches et minérales sans arbres, il faisait 41 degrés, et à la même heure et le même jour, devant ce petit immeuble aux arbres plantés, il faisait 32 degrés !, raconte ce membre local de le collectif.

Il y a jusqu’à 15 degrés de différence entre la façade d’un immeuble blanc et minéral sans arbres et celle d’un petit immeuble arboré !

Le collectif Amédée Sacré-Cœur Euratlantique

Même dans les nouveaux immeubles du quartier Euatlantique à Bordeaux, les habitants suffoquent, août 2022 • © France 3 Aquitaine

Manuel Coursen habite rue Amède Saint Germain et regrette le manque d’arbres. « Les arbres récemment plantés dans la rue l’ont été sur un réseau de canalisations sans beaucoup de terre à leurs pieds. On se demande si ces arbres pousseront un jour, les racines sont très limitées. Non ces arbres ramèneront un peu de fraîcheur !

Les grands immeubles blancs, dont la hauteur nous est cruelle, reflètent aussi la chaleur sur les petites maisons d’en face, invivables !

Habitant de la rue Amédée Saint-Germain à Bordeaux

Les bâtiments arborés souffrent moins de la chaleur. • © France 3 Aquitaine

►Définition : les îlots de chaleur urbains sont des élévations de température localisées, notamment les températures maximales diurnes et nocturnes enregistrées en zone urbaine par rapport aux zones rurales ou forestières voisines ou par rapport aux températures moyennes régionales

Il est également devenu un enfer dans le district de Bakalan. Les bâtiments anciens ne sont pas adaptés au changement climatique. Les habitants de la ville de Port de la Lune ont mal vécu les canicules de l’été 2022. La conception des bâtiments et le manque d’espaces verts sont pointés du doigt par les habitants.

La température ne baisse que vers trois heures du matin

Habitant d’un ensemble de logements HLM dans le quartier Bacalan à Bordeaux

Informations sur la France

Le phénomène des îlots de chaleur n’est pas récent et a été identifié dès 1980. En 2014, Bordeaux Métropole a mené une étude pour identifier les îlots de chaleur urbains et les îlots de fraîcheur et préconiser des aménagements.

On a calculé qu’entre une rue sans arbre et une rue avec un arbre il y a une différence de 4 à 5 degrés, c’est énorme !

Pierre Hurmic, maire de Bordeaux

Informations sur la France

Interrogé par France Info le 19 août, le maire écologiste de Bordeaux, Pierre Hurmic, a déclaré que sa priorité était de restaurer la végétation de la ville.

“Bordeaux est une ville très minérale et nous avons beaucoup de retard. Mon souci est de restaurer la végétation de cette ville. Par exemple Place Pey Berland, qui est très minérale, nous avons replanté 20 arbres ! Et il faut être ambitieux, on a un projet jusqu’à “un million d’arbres plantés dans la métropole. Il faut en planter partout, mais c’est une aventure à moyen et long terme”.

La ville de Bordeaux a également installé cinq appareils de brumisation pour rafraîchir les habitants lors des journées chaudes.

Des brumisateurs (actionnés par l’utilisateur) ont été installés place de la Victoire à Bordeaux. • © GUILLAUME BONNAUD / MAXPPP

Même projet à Mérignac, deuxième ville de la Gironde. “Dans le quartier ensoleillé de Mérignac, la température du sol peut atteindre 50 degrés en période de canicule et dans 15 ans ici on aura le climat de Séville en été”, a déclaré Alain Anziani, président de Bordeaux Métropole, lors d’une conférence. redéveloppement de la zone commerciale de Mérignac Soleil, où de nouveaux immeubles résidentiels seront construits et 14 000 arbres seront plantés.

à Bordeaux, une microforêt a fait son apparition sur l’ancien parking Billaudel • © TS Mairie de Bordeaux

►Les principales sources d’îlots de chaleur sont :

  • toits de couleur foncée,
  • parkings et espaces minéraux,
  • routes et rues non pavées,
  • la gare avec les voies ferrées, les quais,
  • zones industrielles ou commerciales,
  • terrains vagues et champs secs