France

Les informations scientifiques sont bloquées par Facebook

Facebook préfère censurer temporairement les informations scientifiques provenant de sources très fiables, au lieu de tolérer trop longtemps les publications nuisibles, tout en s’efforçant d’améliorer ses algorithmes, qui ne peuvent pas détecter le sarcasme.

L’Agence Science-Presse, un média à but non lucratif de 43 ans, a supprimé le 28 mars un article “sur le non-respect des normes communautaires”.

Capture d’écran Facebook

L’explication reçue de l’Agence de Science-Presse après le deuxième retrait de la publication.

La situation n’a été corrigée qu’après trois semaines (voir tableau).

L’article affirme que le mouvement des vaccins utilise les mêmes arguments depuis plus d’un siècle.

Explications

“Meta préfère supprimer un post non nuisible et le restaurer deux jours ou deux semaines plus tard, au lieu de le laisser (nuisible) trop longtemps”, a expliqué un porte-parole de la maison mère sur Facebook.

L’explication laisse le rédacteur en chef de l’agence dubitatif, “vu le nombre de faux comptes d’information qui ont été stigmatisés au fil des années à travers le monde et sont restés en ligne”, estime Pascal Lapoant.

La première ligne de vérification des publications Facebook utilise un algorithme qui utilise l’intelligence artificielle. Les litiges sont alors traités par un salarié.

Alain Wadebonker, Ph.D.

Le Dr Vadeboncoeur a récemment censuré quatre de ses publications sur Facebook. “Les deux premiers étaient un peu ironiques. Ce serait intéressant de savoir comment arrêter les gens qui ont toujours un discours on ne peut plus direct dans le sens de la science », explique le Dr Wadebonker.

“Le défi de l’intelligence artificielle est souvent de pouvoir détecter le sarcasme. Les algorithmes ne sont pas encore assez forts pour comprendre que le Dr Vadeboncoeur est un humoriste ou un sarcasme. C’est pourquoi l’homme vient au deuxième niveau d’inspection », a répondu le porte-parole de Meta.

Le Dr Vadeboncoeur reconnaît que l’ironie peut être difficile à repérer. Mais cette échappatoire aurait un impact important sur la poursuite des fake news. “Cela signifie que vous ne pouvez plus exposer la mauvaise image ou la mauvaise publication”, a-t-il déclaré.

Capture d’écran Facebook

L’annonce du 1er mai par le Dr Alain Wadebonker.

Et s’il comprend le principe de précaution évoqué par Facebook pour bloquer d’abord les posts puis les analyser, celui suivi par 50 000 personnes estime que la multinationale peut agir différemment.

Capture d’écran Facebook

Avis de blocage de Facebook le 3 mai.

Répondre

Pascal Lapoant de l’Agence Science-Presse prône la régulation des algorithmes. “Il est opaque et anormal que nous – le Dr Wadebonker et bien d’autres – soyons bloqués sans comprendre pourquoi. “Ces entreprises ont acquis un pouvoir sur l’information dans le monde qui n’a pas d’équivalent dans l’histoire”, a-t-il déclaré.

3 SEMAINES D’ATTENTE

28 mars : Facebook supprime les actualités de l’Agence Science-Presse. L’agence se connecte à Facebook, pour lequel l’employé ne peut rien faire.

29 mars : L’agence publie son bref historique.

31 mars : La nouvelle est à nouveau retirée.

1er avril : L’agence contacte le PDG de Facebook, Kevin Chan, et lui explique la situation.

4 avril : Le responsable transfère l’agence au directeur des partenariats médias.

8 avril : Pas de nouvelles L’agence appelle le service client, qui “exceptionnellement” accepte de saisir son chef.

14 avril : L’agence renoue avec Facebook et les deux dirigeants.

20 avril : La situation est rétablie.

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