La pluie est revenue en France dimanche 14 août et lundi 15 août. Une eau plus que bienvenue après des mois de sécheresse à la fin d’un hiver très sec. Dans plusieurs régions du pays, le niveau des eaux souterraines est à des niveaux très bas. C’est le cas en Provence, sur la Côte d’Azur ou en Poitou. Dimanche, tous les départements de France métropolitaine étaient en alerte sécheresse, dont 22 en “alerte renforcée” et 68 en “crise” – le niveau d’alerte le plus élevé. Moins d’un centimètre d’eau est tombé en France métropolitaine en juillet, des orages suivis de pluie étaient donc particulièrement attendus.
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“Nous avons des débits de certaines de nos sources qui sont de moitié cette saison par rapport à des débits qui ne sont déjà pas très élevés en juillet-août”, constate Laurent Lucot, élu communiste et vice-président du Grand Poitiers en charge de l’eau et de l’assainissement. Dimanche et lundi il a plu en tout et pour tout moins de 15 millimètres, “juste un petit orage”, a commenté l’élu. Le niveau des nappes phréatiques poitevines est bas, voire localement très bas. “Il faudrait, poursuit-il, avoir des pluies relativement fines en abondance, pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour pouvoir combler le déficit hydrique.” Car le déficit se compte en “centaines de milliers, voire millions de mètres cubes” sur le territoire poitevin.
D’autant plus que ce ne sont pas les pluies d’été qui rechargent les nappes phréatiques, mais plutôt les pluies d’automne et d’hiver. “Les pluies résolvent le problème des sols et des plantes. Le sol vient avant la pluie, il l’utilise en premier. Cela permettra à la vie végétale de redémarrer, explique Vazken Andreasyan, un hydrologue. Mais d’un autre côté, les masses d’eau doivent attendre : elles sont utilisées en dernier.”
“Les niveaux d’eau ont tendance à remonter en hiver, alors que les sols sont déjà presque saturés. Si les pluies récentes permettent de résoudre le problème des rivières de surface, des nappes phréatiques, elles doivent encore attendre.”
Vazken Andreasyan, hydrologue
chez franceinfo
Un autre problème, souligne l’hydrologue, est l’extrême sécheresse du sol. Les épisodes de pluie à venir s’annoncent courts mais orageux. Cependant, la terre sèche n’absorbe pas l’abondance d’eau des tempêtes. “Des pluies très intenses ne sont pas bonnes pour la terre ou les nappes phréatiques, car il y a un phénomène de ruissellement, cela peut créer des inondations”, prévient Vazken Andreasyan.
Tous les regards sont donc tournés vers l’automne et le début de l’hiver avec des précipitations importantes attendues pour assurer l’approvisionnement en eau potable. Le point final n’est pas très loin autour de Poitiers, assure Laurent Lucot : « Nos réserves diminuent chaque jour. Si, en plus, on ajoute à cette crise existante le manque d’approvisionnement en eau, le déficit va augmenter. Nous sommes déjà dans la réserve de la réserve.” Selon le vice-président de Grand Poatiers, “des interruptions de l’approvisionnement en eau potable pendant une période de novembre à décembre, c’est du jamais vu”.
La situation est meilleure dans les autres régions de France. Au nord, dans le Bassin parisien ou dans les Pyrénées, le niveau des eaux souterraines est normal, autour de la moyenne.
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