Principalement réticents à relever le seuil des nouveaux arrivants, les Québécois estiment que l’immigration des néphrancophones est la principale menace pour les Français. Les citoyens veulent également que le gouvernement fédéral ferme la grue sur Roxham Road, le mauvais chemin pour entrer dans le pays.
Alors que les Québécois disent accueillir les nouveaux arrivants, deux sur trois ne veulent pas accepter plus de 50 000 immigrants par année. Pas moins de 21 % des gens sont même en faveur d’une réduction des niveaux d’immigration, selon un sondage Léger réalisé début mai pour le compte de la CAQ et reçu par notre service parlementaire.
Ces chiffres semblent expliquer la position de François Lego, qui a jusqu’à présent refusé d’ouvrir davantage les portes de l’immigration pour répondre à la pénurie criante de main-d’œuvre, malgré les appels répétés du patronat et du Parti libéral. Un sujet qui risque d’être un enjeu important lors de la prochaine campagne électorale, alors que le chef libéral Dominic Anglad s’est déjà fixé un objectif de 70 000 immigrants par an.
Selon le sociologue Christian Burke, le statu quo est confortable.
“On est dans un contexte post-pandémie, guerre, inflation, les gens disent, on ne bouge pas, ça va bien, c’est bon signe pour le gouvernement, parce que c’est son intention”, a-t-il dit.
Au lieu de cela, le premier ministre demande plus de pouvoirs fédéraux pour élire ses immigrants. Il aimerait notamment se familiariser avec le programme de réunification familiale. Mais jusqu’à présent, Justin Trudeau a catégoriquement refusé de renoncer à sa compétence en matière d’immigration au Québec.
Il faut reconnaître que les citoyens sont divisés sur cette question. Si 44 % des répondants sont favorables à ce que la Belle Province gagne en pouvoir, ils sont pratiquement trop nombreux pour se battre pour le statu quo ou donner plus de pouvoir à Ottawa.
Cependant, la majorité des résidents du Québec s’inquiètent du passage irrégulier des demandeurs d’asile par le chemin Roxam, la frontière, et souhaitent que le gouvernement fédéral empêche les migrants d’emprunter cette route pour entrer au pays.
Le Journal révélait la semaine dernière que le Québec se dirigeait vers une année record, alors que le ministère de l’Immigration s’attend à l’entrée illégale de 35 000 demandeurs d’asile par ce passage, qui se termine à Saint-Bernard de Lacole à Monterey.
De plus, deux personnes sur trois s’inquiètent du sort des Français de Montréal et s’attendent à ce que le gouvernement fasse davantage pour rectifier la situation.
Alors que le débat sur la réforme CAQ de la loi 101 fait rage, on constate que peu d’étudiants non anglophones des CEGEP anglophones ou de Québécois francophones se tournent vers la langue de Shakespeare, ce qui est à l’origine de ce déclin , selon la plupart des répondants.
Le danger vient davantage du grand nombre d’immigrants qui ne parlent pas français. Une grande majorité de personnes appuient également l’exigence du gouvernement de parler français pour obtenir un certificat de sélection au Québec (une condition préalable à la résidence permanente) et une meilleure maîtrise du français oral dans tous les programmes d’immigration.
“Cette perception d’un immigrant qui ne parle pas français ou parle peu le français, et la question du français au Québec, c’est avant tout une peur de ceux qui ne vivent pas à Montréal”, a déclaré Christian Burke. Les Québécois francophones des régions voient l’immigration à Montréal comme une menace directe pour les Français. »
Fait intéressant, les citoyens non francophones sont plus susceptibles de croire que l’attrait culturel de l’anglais est une menace majeure pour la santé des Français au Québec et à Montréal.
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