France

Les Suisses votent pour prolonger d’un an le travail des femmes

Ce fut une élection marquée par un profond clivage entre la partie germanophone réformatrice du pays alpin et les autres cantons. Les Suisses ont voté avec un petit groupe pour relever l’âge de la retraite des femmes à 65 ans. Selon les résultats définitifs publiés dimanche 25 septembre, le “Oui” l’a emporté avec une faible marge de seulement 50,6% des suffrages.

Après deux tentatives infructueuses en 2004 et 2017, Berne a recueilli suffisamment de suffrages pour mener à bien son plan de “stabilisation” du système suisse d’assurance vieillesse, qui subit une énorme pression à mesure que l’espérance de vie augmente et que la génération des baby-boomers atteint l’âge de la retraite.

La partie la plus controversée de la réforme exige, comme les hommes, que les femmes travaillent jusqu’à 65 ans avant de pouvoir prétendre à une retraite à taux plein. Un an de plus que maintenant. Le Parlement a approuvé en 2021 les principales mesures de réforme des retraites, qui comprennent également une hausse de la TVA (adoptée à 55 %, dimanche).

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“Slap pour toutes les femmes”

Pour les femmes du Parti socialiste suisse (PSS), un oui “n’est pas seulement un grand pas en arrière en matière d’égalité, c’est une gifle pour toutes les femmes”. Ils ont annoncé une manifestation à Berne lundi pour dénoncer le résultat. Les opposants à la réforme ont pointé du doigt la discrimination salariale qui continue d’affliger les femmes et estiment qu’il est injuste de relever l’âge de la retraite pour elles sans s’attaquer au préalable à ces inégalités.

Les partisans du Oui ont souligné que demander aux femmes de travailler une année supplémentaire n’est pas déraisonnable compte tenu de la situation économique et démographique. En 2020, les femmes en Suisse ont reçu en moyenne près de 35% de pensions inférieures à leurs homologues masculins, selon le ministère suisse de l’Economie.

“Diviser le pays sur un tel sujet n’est pas une bonne politique. Ça laissera des traces», a déclaré dimanche le président de l’Union syndicale suisse (USS), Pierre-Yves Maiard, soulignant le décalage avec les cantons alémaniques mais craignant aussi une montée des tensions entre hommes et femmes. , ainsi qu’entre les classes sociales.

Pour la vice-présidente de l’UDC suisse (droite radicale) Céline Amaudrouz, ce oui est un “premier pas pour assurer la pérennité” de l’assurance vieillesse. “Pour nous, l’égalité n’est pas un menu à la carte. »

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L’agriculture intensive n’est pas interdite

Pendant ce temps, une initiative étroitement surveillée des Autochtones à l’étranger qui visait à interdire l’agriculture intensive a été largement rejetée avec 63 % des voix contre. Cette proposition éradiquerait essentiellement les fermes industrielles dans un pays encore très rural, même si l’agriculture pèse relativement peu dans la richesse nationale. Les Suisses estiment que le traitement humain des animaux de ferme est déjà respecté dans le pays alpin.

Le gouvernement, le parlement et les organisations représentatives des bergers étaient fermement opposés à l’initiative. En vertu des lois actuelles, les fermes ne peuvent pas élever plus de 1 500 porcs d’engraissement, 27 000 poulets de chair ou 300 veaux, ce qui exclut les fermes industrielles géantes que l’on trouve dans d’autres pays.

Berne a également averti que ces nouvelles règles conduiraient à une augmentation significative des prix, tandis que la clause d’importation pourrait avoir un impact sur les relations avec les partenaires commerciaux.

Malgré le rejet massif, c’est tout de même une victoire pour Vera Weber, présidente de la Fondation Franz Weber pour la protection de la nature et des animaux. Elle s’est félicitée que le texte offre à la Suisse l’occasion d’aborder la question de l’agriculture intensive et de la consommation de viande.

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Le monde avec l’AFP