Regarder une fusée s’envoler vers la Lune est “une expérience unique dans une vie”, exulte Joanne Bostanji, 45 ans.
Venue avec son mari et ses deux enfants du nord de l’Angleterre passer des vacances spatiales en Floride, elle détaille son plan d’attaque pour le jour J : “partir très tôt pour avoir une place” sur la plage de Cocoa Beach, non loin du Kennedy Space. Centre.
C’est là que la toute nouvelle mégafusée de la NASA, la plus puissante du monde, sera lancée pour la première fois lundi.
“Je sais que ça va arriver au loin, mais je pense que ça va quand même être assez étonnant”, a-t-elle déclaré à l’AFP, juste avant d’aller visiter un parc dédié à la conquête de l’espace pour patienter.
Entre 100 000 et 200 000 visiteurs sont attendus pour le lancement de cette mission, baptisée Artemis 1, qui va propulser une capsule à vide vers la Lune afin de la tester pour les futurs astronautes. À titre de comparaison, le premier lancement habité de SpaceX en 2020 a attiré 220 000 personnes.
Le “caractère historique” du vol de lundi, le premier du programme américain de retour lunaire, “a certainement suscité l’intérêt du public”, a déclaré à l’AFP Megan Happel de l’office du tourisme de la côte. Espace Floride.
Des embouteillages sont attendus à partir de 4h00, avec un lancement prévu à 8h33. Si le décollage est retardé, par exemple en raison de la météo, davantage de personnes pourraient affluer vers la prochaine date, en milieu de week-end.
Les hôtels le long de la côte sont pleins depuis plusieurs semaines et les places de parking près des meilleures vues sont limitées.
Chanceuse, Sabrina Morley a pu louer un appartement non loin de la plage et embarquera avec ses deux enfants et plusieurs dizaines d’autres personnes sur un bateau loué pour l’occasion par la société “Star Fleet Tours”.
Pour 95 dollars le billet, “on va aller dans l’océan au plus près de la zone de mise à l’eau et voir la mise à l’eau depuis le bateau”, s’émerveille-t-elle d’avance.
“Je n’ai jamais été aussi proche du décollage”, explique le joueur de 43 ans, qui a pourtant grandi à Orlando, à moins d’une heure de route. Enfant, elle pouvait voir les navettes spatiales décoller de son jardin, comme une “grosse boule orange” s’élevant dans le ciel, et même entendre l’explosion en franchissant le mur du son.
Elle aime que le programme Artemis de la NASA vise à faire atterrir une femme sur la lune pour la première fois (2025 au plus tôt).
“La représentation compte”, dit-elle en regardant sa fille de deux ans, qui porte maintenant un casque d’imitation d’astronaute sur la tête.
Pour la région, le retour des départs prestigieux est une aubaine. Une famille de trois personnes dépensera en moyenne 1300 $ pour 4 ou 5 jours, selon l’office de tourisme.
Sur la route principale de Merritt Island, la péninsule où se trouve le Centre spatial Kennedy, la boutique sur le thème de l’espace de Brenda Mulberry est bondée de touristes. Dès leur entrée, ils tombent sur des t-shirts Artémis imprimés sur place (1000 exemplaires ce samedi seulement).
Ces derniers jours, “on sent un vrai flux de personnes”, a déclaré à l’AFP le patron, qui a fondé Space Shirts en 1984.
“Ils ont hâte de voir la Nasa décoller car le secteur spatial privé n’est pas si motivant pour les gens”, avance-t-elle. Cette fusée là-bas, appelée SLS, dont elle a placé une grande maquette devant sa boutique, « appartient au peuple, c’est sa fusée. Pas celui de SpaceX.
La nostalgie du programme Apollo est également dans tous les esprits. La dernière fois qu’une capsule habitée s’est rendue sur la Lune, c’était en 1972.
“Ma famille a dû aller chez les voisins pour regarder” les missions Apollo parce qu’ils n’avaient pas de télévision, raconte Joanne Bostanji, qui n’était pas encore née.
Par conséquent, le décollage de lundi sera très spécial : “Eh bien, avec de la chance, nous le verrons en vrai.”
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