France

les trois premiers projets qui attendent le Nupes après le rapprochement des principaux partis de gauche

En moins d’une semaine, une nouvelle force est née à gauche. Baptisée dimanche 1er mai à la suite d’un accord entre La France insoumise et Europe Ecologie-Les Verts, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) rejointe mardi par le Parti communiste français. Et peut-être bientôt du Parti socialiste. Ce dernier doit se prononcer jeudi sur un accord conclu la veille par sa délégation au quartier général des rebelles.

>> Elections législatives : suivez les négociations en direct

En cas de feu vert, les quatre principales formations de gauche pourront entrer en rang serré dans la campagne des législatives avec l’objectif commun de gagner et d’envoyer Jean-Luc Melanchon à Matignon. Voici les défis qui attendent cette coalition inédite, confrontée à ses premières épreuves de stabilité.

Conclure des accords de coalition définitifs

Avec PS. Le gros morceau du jeudi 5 mai, bien sûr, c’est le Conseil national du PS, à 19 heures. Plus de deux semaines après l’approbation du début des négociations avec LFI, les 300 députés du Parlement socialiste sont à nouveau appelés, cette fois, à ratifier l’accord pour rejoindre les autres forces de gauche. Cette affirmation “sera une bataille titanesque”, selon le porte-parole du parti et chef des négociateurs socialistes Pierre Jouvet, qui “entend la colère” naître dans le parti face au compromis trouvé.

Avec le NPA. Les négociations entre La France insoumise et le Nouveau parti anticapitaliste sont toujours en cours. Dans un communiqué diffusé mercredi après-midi, le NPA a désapprouvé l’éventuelle intégration du PS dans la coalition. La présence du “Parti social-libéral” pourrait être un obstacle rédhibitoire à la formation de Philip Putu, qui dit pourtant “rechercher un accord”. En cas de fumée blanche, un conseil politique national du NPA sera convoqué jeudi soir pour “approuver” une éventuelle union.

Avec une autre formation ? Fin avril, cinq petits partis de gauche ont annoncé “un rassemblement au sein de la Fédération de la gauche républicaine”, dont les candidats aux législatives entendaient “participer à la dynamique du rassemblement d’aujourd’hui”. Ces partis – l’Engagement d’Arno Monteburg, la Gauche républicaine et socialiste (GRS) d’Emmanuel Morel, le Mouvement républicain et citoyen (MRC), la Nouvelle gauche socialiste (NGS) et les Radicaux de gauche – ont envoyé une lettre à l’Union populaire dans l’espoir de entamer des négociations. Aucune “aucune réponse” n’a encore été reçue jeudi matin, selon la sénatrice du GRS Marie-Noël Lineman, qui a été contactée par franceinfo.

Répartir les circonscriptions et gérer la dissidence

Suite à une éventuelle “photo de famille” qui réunit vendredi les différents membres de la coalition, la présentation officielle des Nupes est prévue samedi à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). “Ce que nous voulons, c’est présenter tous les candidats officiels de cette Nouvelle Union populaire écologique et sociale, les 577 candidats”, a expliqué jeudi le député rebelle Alexis Corbier. “Sans aucun doute, Jean-Luc Mélenchon prendra la parole, le futur premier ministre, et nous fixerons le cap de la campagne”, a-t-il déclaré à CNews en souriant.

Jusqu’à présent, le Pôle écologiste dominé par EELV a reçu 100 circonscriptions, dont une trentaine avec de bonnes chances de l’emporter. Les socialistes doivent hériter de 70 nominations pour espérer remporter une vingtaine de sièges à l’Assemblée nationale. Les communistes pourront représenter Nupes dans 50 circonscriptions, dont 16 sont considérées comme éligibles. NPA, il dit s’être vu proposer “5 circonscriptions qui ne peuvent pas être gagnées”. Ensuite, la LFI aura 352 candidats à représenter dans ces derniers territoires.

Et voici la carte avec 50 circonscriptions @PCF, puisque la 3ème à Soma remplace la 4ème à Sart #UnionDeLaGauche #législatives2022 #Elections2022 pic.twitter.com/uZAlM88M0O

– Bulletin_isoloir (@news_isoloir) 5 mai 2022

Avant même l’officialisation de ces nominations, Nupes faisait face à des menaces de contestation. La présidente socialiste d’Oksitanie, Carol Delga, qui s’oppose à l’accord, entend soutenir les candidats PS « donnés » dans le cadre des négociations nationales. “Quand on a des candidats qui incarnent un projet différent du LFI, on pense avoir la légitimité pour les présenter”, a-t-elle déclaré mercredi à France Bleu Occitanie. La maire communiste de Venicio (Rhône), Michel Picard, a également choisi de conserver sa candidature sur ses terres, mais répartie au sein des Nupes des « insoumis » Taha Buhaf.

Les partis ont déjà mis en garde les candidats tentés par la dissidence. “Chaque parti politique s’engagera à faire respecter cet accord” et “évidemment” à exclure toute personne qui s’opposerait à un candidat investi par le Nupes, a déclaré mercredi à franceinfo le coordinateur national de La France insoumise Adrien Quatenens. “Il peut aussi y avoir une protection juridique”, a-t-il dit.

Accepter le “programme partagé”

A ce stade, les quatre accords conclus par La France sont inclus avec EELV, PCF, PS et dans une moindre mesure avec le mouvement Génération.s sont similaires mais pas identiques. Sur l’urgente question des relations avec l’Union européenne, le texte signé par EELV évoque la possibilité de “désobéissance à certaines règles européennes”. Mais les socialistes, plus prudents, se sont vus attribuer le terme “dérogation de manière transitoire” dans les textes bruxellois. Dans un autre dossier sensible, les communistes sont les seuls à parapher un accord prévoyant la “renationalisation d’EDF, d’Engie, des autoroutes et des aéroports”.

Avant une éventuelle harmonisation programmatique, chacun des quatre textes vise à préciser que “les objectifs” déjà inscrits dans l’accord “constitueront la base d’un programme gouvernemental partagé de plusieurs centaines de propositions”. Le contenu exact des promesses qui figureront dans les documents électoraux des candidats portant la bannière Nupes reste à déterminer.