Les données du recensement canadien montrent une baisse du français au Québec et dans le reste du Canada, créant une onde de choc.
Je crains cependant que l’interruption, comme d’habitude, ne soit de courte durée. Le premier ministre Lego n’a pas tardé à exprimer son inquiétude en se félicitant de l’adoption du projet de loi 96, ce qui l’a amené à croire qu’il avait raison de renforcer le projet de loi 101.
En fait, il n’a pas pris de mesures substantielles pour vraiment protéger la langue française.
Le premier ministre Trudeau maintient des réserves sur le projet de loi 96 par souci pour les francophones hors Québec.
Dominique Anglad ne s’alarme pas, car il est plus soucieux d’attirer une clientèle anglophone que de protéger l’identité québécoise.
Si Gabrielle Roy était encore en vie, elle aurait peut-être écrit : Entre hypocrisie et inconscience.
La situation des Français au Québec est préoccupante depuis des décennies et les résultats du recensement ne devraient pas surprendre.
cécité volontaire
Des linguistes et des démographes sérieux s’efforcent d’informer nos décideurs et la population du déclin de la langue française année après année sans grand impact notable sur la mobilisation citoyenne ou dans les textes législatifs.
Beaucoup préfèrent croire les faux prophètes et les assimilationnistes qui minimisent la situation en niant les preuves ou en prétendant qu’elle est temporaire.
Les plus astucieux mentionnaient déjà au début des années 2000 que la bataille du français était perdue dans le reste du Canada.
Lorsque le Nouveau-Brunswick, seule province officiellement bilingue, élit un premier ministre monolingue anglophone et que le Canada nomme un gouverneur général qui ne parle pas français, il faut cesser de croire au mythe selon lequel notre présence au Canada garantit la vitalité du français hors Québec .
Au contraire, notre subsistance dans la fédération canadienne devient une garantie de disparition tranquille.
La propagande estivale de la CAQ était vide de substance, si ce n’est la glorification de François Legault. Cela n’a pas conduit à une réalisation spectaculaire. On ne s’en souviendra pas beaucoup !
Quelle cote ?
Dans cette ambiance, CAQ a dévoilé son slogan Continuons. Mais que veut-elle continuer avec un si maigre bilan ?
Face à la pandémie, le Québec a connu la pire des provinces canadiennes.
En matière d’éthique, la CAQ est encore plus laxiste que les libéraux.
En termes de sensibilité humaniste, les récentes déclarations du ministre Fitzgibbon montrent un parti plus préoccupé par les profits des entreprises que par les vies humaines.
Les lois de la laïcité et du langage s’avèrent des tamis qui ne résisteront pas à l’épreuve de la réalité.
Côté éducation, la CAQ porte des lunettes roses malgré les catastrophes qui s’annoncent.
Dans le domaine de la santé, il veut innover en envisageant une autre réforme structurelle.
Même les lecteurs qui contestent les critiques de M. Legault et de la CAQ ne montrent aucune réalisation digne de mention, préférant s’en tenir aux préjugés.
Allons-nous vraiment continuer à nous endormir ?
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