France

LFI et le RN dénoncent les propos de Macron sur les “partis de gouvernement”

Le RN insoumis et élu a condamné le départ du chef de l’Etat, qui a affirmé que les deux partis d’opposition “ne se sont pas enregistrés comme partis de gouvernement” tant que le camp présidentiel n’a pas perdu la majorité absolue à l’Assemblée nationale.

Une petite phrase qui ne passe pas chez Insoumis et le camp de Marin Le Pen. Accusant le président de la république soit de “mégalomanie”, de vouloir “scinder” ou de “s’en tenir à de vieilles recettes”, LFI et RN estiment que son rôle n’est pas de dire quel parti peut ou non être au gouvernement une fois qu’il l’a dit dans un entretien avec l’AFP samedi que les deux partis d’opposition “ne s’enregistrent pas comme partis de gouvernement”.

“Pour Macron, un parti gouvernemental est un parti qui a déjà gouverné”, a déploré dimanche sur Twitter la députée LFI Clémentine Oten.

Estimant que le chef de l’Etat n’est pas au courant de son échec partiel aux législatives et du “mécontentement” des Français, elle assure que son parti “veut gouverner, mais pas comme d’autres l’ont fait”.

Dans le même ordre d’idées, le député rebelle Alexis Corbier a dénoncé la “mégalomanie égocentrique” d’Emmanuel Macron et accusé le président de croire qu’un parti qui ne voulait pas le “gouverner” n’était pas un “parti du gouvernement”.

Tentative de “diviser”

Le chef rebelle Matild Panot a également été insulté, assurant que son groupe était “prêt à gouverner”. Estimant que les propos d’Emmanuel Macron s’inscrivaient dans une stratégie politique, elle a accusé samedi le président de la république de vouloir “diviser la Nouvelle Union populaire”, selon France Info.

“Le jeu partagé ne fonctionnera pas sur Nupes”, a-t-elle averti.

Le député rebelle Eric Cockerell a déclaré à BFMTV que le président veut “faire semblant de contrôler la situation alors qu’il ne l’est pas” après sa défaite aux législatives.

“C’est peut-être intéressant d’un point de vue tactique, mais c’est politiquement faux”, a-t-il déclaré.

Macron doit “prendre en compte l’opposition”

Côté RN, les réactions ne sont pas plus enthousiastes. Luis Aliot, maire du RN Perpignan dans les Pyrénées-Orientales, a affirmé que son parti “n’a de toute façon pas l’intention d’entrer dans le gouvernement de M. Macron”.

Estimant que “ce n’est pas à (Macron) d’accorder des brevets d’Etat”, il a aussi rappelé l’échec des macronistes aux législatives.

“La vérité, c’est que Macron n’a pas de majorité, il doit chercher une majorité ou tenir compte des différentes oppositions”, a-t-il souligné.

L’eurodéputé RN Thierry Mariani a de son côté reproché au chef de l’Etat sur BFMTV d’avoir choisi la voie facile et de “s’en tenir aux vieilles recettes”, qualifiant le “RN de parti extrémiste”.

“Non, le RN n’est qu’un parti patriotique, avec des décisions qui ne sont pas les mêmes que celles de M. Macron”, a-t-il déclaré.

Emmanuel Macron ne nous a pas donné de bons points », a déclaré en plaisantant à BFMTV Laurent Jacobeli, député RN de la Moselle, critiquant le « gâchis politique ».

Après avoir perdu la majorité absolue à l’Assemblée nationale lors des élections législatives, Emmanuel Macron a annoncé samedi l’annonce prochaine d’un nouveau “gouvernement d’action”.