France

L’hebdomadaire d’extrême droite Rivarol ne sera plus éligible aux aides à la presse

Copie de l’hebdomadaire “Rivarol” lors d’un rassemblement à la mémoire de Jeanne d’Arc, le 8 mai 2022 VINCENT ISORE / IP3 PRESS / MAXPPP

L’hebdomadaire d’extrême droite Rivarol a retiré son agrément à la Commission paritaire des publications et des agences de presse (CPPAP), a fait savoir l’agence de presse AFP mardi 24 mai depuis la CPPAP. Ce retrait, initialement révélé par le site anti-complot Watch Conspiracy, peut faire l’objet d’un recours devant la justice administrative.

Cette décision prive les médias d’avantages fiscaux et de tarifs d’affranchissement réduits pour les journaux. En théorie, cela l’empêche aussi de profiter de la presse du ministère de la Culture, qu’il n’a d’ailleurs pas reçue car il ne l’a pas sollicitée, précise le CPPAP.

Fondée en 1951, Rivarol – du nom du contre-révolutionnaire Antoine de Rivarol – est une publication phare de l’extrême droite française. Le directeur de la publication, Jérôme Bourbon, a été condamné à quinze reprises, notamment pour incitation à la haine, contestation de crimes contre l’humanité et injures racistes.

“L’hebdomadaire le plus raciste, antisémite et négationniste”

Ainsi, en décembre, il a été reconnu coupable de contestation de crime contre l’humanité et d’incitation à la haine contre les juifs pour une vidéo dans laquelle il appelait à la capture du Vel’d’Hiv. En particulier, il soutient que le maréchal Petten « s’est toujours opposé à la moindre persécution ou injure des Juifs français ».

En mars, une trentaine d’historiens et personnalités, dont Beate et Serge Clarsfeld, défenseurs de la mémoire des déportés de France, ont protesté contre “l’aide publique indirecte” de Rivarol. “Notre pays fournit des services à Rivarol, l’hebdomadaire le plus raciste, antisémite et négationniste”, ont-ils écrit dans une tribune publiée dans Le Monde, demandant au CPPAP de retirer son agrément. En novembre, le député LRM Jean-Louis Touraine a également interrogé la ministre de la Culture de l’époque, Roselyn Bachelot, à ce sujet.

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Interrogé par l’AFP mardi, Rivarol n’a pas réagi dans l’immédiat. Le CPPAP est une instance composée à la fois de représentants de l’Etat et de professionnels de la presse. Il est chargé de décider si les publications remplissent les conditions du régime économique de la presse selon un certain nombre de critères. Ses dispositions précisent notamment que “les publications déniant, incitant à la haine raciale, à la xénophobie et portant atteinte à la dignité de la personne humaine” ne peuvent bénéficier de ce régime.

Le monde avec l’AFP