France

L’hôpital Corbeil-Essonnes refuse de payer la rançon, des pirates ont commencé à diffuser des données

Des informaticiens travaillent dans un centre de crise du Centre hospitalier Sud-Francilien (CHSF) de Corbeil-Essonnes, au sud de Paris, le 26 août 2022. EMMANUEL DUNAND / AFP

Face au non-paiement de la rançon réclamée, le groupe de hackers qui a mené une cyberattaque contre le Centre Hospitalier Sud-Francilien de Corbeil-Essonnes (CHSF) a commencé vendredi à diffuser des données, a-t-on appris dimanche 25 septembre. Ces données “semblent alarmantes [les] utilisateurs, [le] le personnel ainsi que [les] partenaires » de l’hôpital, a indiqué le CHSF dans un communiqué dimanche.

Dans ce qui a été publié, “certaines données administratives”, dont les numéros de sécurité sociale, et “certaines données de santé comme des rapports d’examens et notamment des fichiers externes d’anatomocytopathologie, de radiologie, de labos pour ‘analyses, de médecins'”, sont potentiellement apparues. établissement.

“Les bases de données commerciales du CHSF, qui comprennent les dossiers personnalisés des patients (DPI) et les fichiers liés à la gestion des ressources humaines, n’ont pas été compromises”, a ajouté l’établissement. “L’attaque semble avoir été limitée aux serveurs virtuels et à seulement une partie de l’espace de stockage de CHSF (environ 10%)”, indique le communiqué.

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La rançon a été réduite à deux millions de dollars

Les pirates ont quitté l’hôpital jusqu’au 23 septembre (vendredi) pour payer la rançon. Selon le site spécialisé Zataz, les hackers du Lockbit 3.0 ont ainsi diffusé plus de 11 Go de contenus sensibles. “Il s’agit d’un double chantage, consistant à exfiltrer une partie des données volées pour faire pression sur les victimes. C’est un classique”, a expliqué un expert du cyberespace à l’Agence France-Presse (AFP).

L’hôpital, situé au sud de Paris, qui assure une couverture santé à près de 700 000 habitants de la grande couronne, a été victime d’une cyberattaque le 21 août avec une demande de rançon de 10 millions de dollars. Il serait alors réduit à un million de dollars, selon de multiples sources.

Selon Zataz, les pirates exigeraient désormais de l’hôpital “2 millions de dollars (1 million pour détruire les données volées et un million pour restaurer l’accès aux informations via leur logiciel spécial).” La cyberattaque, qui a débuté en août, a touché les logiciels d’entreprise, les systèmes de stockage et même le système d’information des patients de l’établissement, les rendant inaccessibles.

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“Plan blanc” pour assurer la continuité des soins

L’hôpital a porté plainte et saisi la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). L’enquête, lancée par le parquet de Paris et confiée aux gendarmes du Centre de lutte contre la criminalité numérique (C3N), se poursuit.

L’Autorité nationale de sécurité et de défense des systèmes d’information (Anssi) a également été saisie. “Malgré ces mesures et cette réponse, des pirates ont tout de même réussi à exfiltrer des données personnelles, y compris des données de santé”, dénonçait l’hôpital dans un communiqué mi-septembre.

Après l’attentat, l’hôpital, dont le service des urgences reçoit normalement 230 personnes par jour, a lancé un plan d’urgence appelé “plan blanc” pour assurer la continuité des soins. Une vague de cyberattaques vise le secteur hospitalier français et européen depuis environ deux ans. En 2021, l’Anssi a enregistré en moyenne un incident par semaine dans un établissement de santé en France.

Le monde avec l’AFP