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Libération en cas de violences sexuelles | “L’arbre est ce que cache la forêt”

Des dizaines de personnes ont manifesté devant le palais de justice de Montréal pour réclamer une réforme de la justice québécoise après la libération conditionnelle de l’ingénieur Simon Hule pour agression sexuelle.

Publié à 13h34 Mis à jour à 13h43

Presse Vincent Larin

Dans une interview, les organisateurs de l’événement ont dénoncé l’incapacité du système judiciaire à traiter adéquatement les crimes sexuels.

” [Le jugement Houle] le bois est la forêt, la jurisprudence regorge de décisions comparables et c’est la raison pour laquelle [le juge Matthieu Poliquin] arrivé à cette conclusion, il s’est inspiré de ce qui a été décidé dans le passé », a expliqué l’une d’entre elles, Mélanie Lemay.

“Moi, cette semaine, ma colère, elle est dirigée contre le ministre de la Justice, a-t-elle ajouté. Il nous parle de tribunal spécialisé depuis des années, alors qu’il sait très bien que tous les pièges qui sont exposés par les victimes resteront et que cette pratique judiciaire demeurera, qu’il s’agisse d’un tribunal spécialisé ! »

Rappelons que le juge Matthieu Poliquin, dans une décision rendue en juin, a mis en liberté conditionnelle Simon Houllet, un ingénieur de Trois-Rivières, reconnu coupable d’agression sexuelle. L’homme de 27 ans à l’époque a déshabillé la victime alors qu’elle était affaiblie et endormie avant d’insérer ses doigts dans son vagin et de prendre des photos de son corps.

Générant une importante couverture médiatique, la condamnation a suscité l’indignation sur les réseaux sociaux et le directeur des poursuites pénales et pénales (DPCP) a annoncé qu’il demanderait l’autorisation de faire appel de la condamnation.

PHOTO PHILIP BOUVEN, LA PRESSE

“La justice c’est des conneries”, “ne me dites pas que la culture du viol n’existe pas” et “des violeurs partout, la justice nulle part” n’étaient que quelques-uns des messages sur les nombreuses pancartes tenues par les participants.

L’insuffisance de la loi

C’est pourquoi les manifestants ont condamné plus que la décision, mais ont exigé un changement complet dans la manière dont les affaires d’agression sexuelle sont traitées.

“On dit depuis des années que le droit pénal n’est pas adapté [pour juger des crimes de nature sexuels]. On nous a amenés au Tribunal spécialisé comme si ça allait changer les choses, mais ce n’est pas du tout le cas », se plaint une autre organisatrice de l’événement, Alexandra Dupuy.

“La manifestation elle-même n’est pas contre la décision, mais plutôt sur l’insuffisance du domaine de la justice pénale par rapport aux crimes sexuels”, a-t-elle déclaré.

PHOTO PHILIP BOUVEN, LA PRESSE

Alexandra Dupuis, co-organisatrice de l’événement

“Nos blessures ne sont pas prises au sérieux”

Plusieurs personnes, choquées par le verdict, ont voulu montrer leur soutien à la victime.

“Je pense que la décision est vraiment irrespectueuse envers les victimes et en particulier la victime dans cette affaire.” C’est une preuve supplémentaire que nos traumatismes ne sont pas pris au sérieux. […] Cela montre non seulement qu’il ne sert à rien de porter plainte, car même s’il y a des aveux, des preuves, il n’y aura pas de conséquences”, a expliqué la manifestante Lois Poisson-Ross.

Une autre participante à l’événement, Catherine, a exprimé son soutien à la cause dans le contexte de l’échec des droits des femmes aux États-Unis depuis le renversement de Roe v. Wade aux États-Unis.

“Il est temps de manifester puis de s’élever contre l’injustice pour essayer de protéger les droits que nous avons gagnés”, a-t-elle déclaré.

Avec la presse canadienne