France

Lille v PSG (1-7) : le but de Kylian Mbappé en 9 secondes est décortiqué

C’est comme si le PSG avait enfin rattrapé son temps. Longtemps concentré uniquement sur la performance pure de ses superstars, Paris a appris à regarder ce qui se fait ailleurs. Tactiquement, les premiers signes de la version PSG de Galtier sont excitants. Aussi, parce qu’ils sont beaucoup plus visibles que d’autres petits ajustements, difficiles à identifier pour le grand public. Dimanche, pour reprendre l’expression sacrée, il ne faut pas être en retard pour le départ du LOSC-PSG. Car après 9 secondes, Kylian Mbappé avait déjà frappé.

Je veux me consacrer à mon équipe techniquea insisté ensuite Christophe Galtier auprès de Prime Video. C’est un but qu’on ne reverra plus, vous vous en doutez. Allez voir les championnats d’Espagne et d’Allemagne, certains ont marqué ceux-là. Et je fais un petit clin d’œil à nos U19 qui l’ont fait en Youth League contre Salzbourg l’an dernier. Bournemouth et Rayo Vallecano l’ont également fait. Le faire en pratique et le montrer est une chose, le faire dans la vraie vie en est une autreMais comment les Parisiens sont-ils parvenus à ce chef-d’œuvre prématuré.

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Phase 1 : Concours Mbappé, Mendes et Vitinha

Préparé, ce coup d’envoi l’était. Lorsque Neymar fait sa passe à Verratti, quatre joueurs sont prêts à sauter dans la moitié de terrain adverse : Achraf Hakimi et Vitinia à droite, Kylian Mbappe et Nuno Mendes à gauche. Contrairement à ses trois autres coéquipiers, le Marocain se mettra au piano, franchissant la ligne au fur et à mesure.

Après cinq secondes, Vitinia, Mbappe et Mendes sont déjà à la même hauteur que la ligne défensive du LOSC. Mieux encore, ils arrivent gonflés à bloc. L’attaquant parisien prenait de la profondeur derrière Fonte, prenant soin de ralentir juste avant d’accélérer à nouveau pour éviter une embuscade, tandis que Diakte et Gudmonsson laissaient Mendes tout seul sur le flanc gauche. Les solutions pour Messi sont nombreuses et presque toutes aussi dangereuses…

Phase 2 : le rôle de Neymar

Le Brésilien n’est ni un buteur ni un passeur décisif dans cette action, mais son rôle est essentiel. C’est lui qui s’occupe lui-même de l’engagement avec cette passe de retour à Marco Verratti. Au début, il fait semblant de se désintéresser du ballon en tournant le dos au jeu comme s’il s’apprêtait à entamer une longue partie. Une attitude qui rend sa contre-plainte d’autant plus efficace.

A un pas de distance, le Brésilien se retourne pour prendre le ballon à ses pieds, laissant Benjamin Andre à deux mètres plein derrière lui. Sa passe en une touche à Messi est volontairement sauvée, alors l’Argentin met lui-même la puissance qu’il veut sur le ballon.

Phase 3 : la passe de velours de Messi

Pendant ce temps, Messi n’avait rien à faire. Aligné à la droite de Verratti au coup d’envoi, l’Argentin n’est entré en action qu’après un contre de Neymar. Tel un quarterback, le gaucher scrute le terrain avant de tirer une bouffée. Il se voit proposer deux options longues. Le plus facile, à Nuno Mendes, tout seul avec un écart devant lui. Le plus risqué, mais donc dangereux, pour Mbappé.

Sa décision est rapide et à pied, il dirige son corps pour une passe régulière sur l’intérieur du pied gauche. Le tout avec une seule touche, bien sûr. Le reste est en velours. Avec la rotation parfaite et le bon dosage, la balle atterrit dans l’espace parfait, entre les deux centres. Faire tourner la balle la ralentit après qu’elle ait rebondi. Mbappé n’a plus qu’à finir.

Phase 4 : Achèvement

Le gâteau de Messi est arrivé à destination, il reste à conclure. Malgré le ricochet haut, Mbappé choisit le bon geste, celui dont il a besoin avec ce beau lob. Mais son avance est telle, tant sur la charnière du LOSC que sur la sortie tardive de Leo, que les solutions à sa disposition sont multiples.

Un contrôle pourrait être envisagé, mais cela aurait coûté du temps à Mbappe. Le plus extraordinaire réside sans doute dans l’opportunité qu’a le Français de servir Vitinia, qui a poursuivi sa course. Le Portugais est également attaquant et n’a qu’à pousser le ballon en profondeur. Une autre preuve que ce mouvement très efficace réside non seulement dans le talent des artistes présents, mais aussi dans la chorégraphie inventée par d’autres et réactualisée par Galtier. Un ballet de neuf secondes. La beauté est parfois si éphémère…

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