Plus de 50 millions d’Italiens sont appelés aux urnes dimanche pour élire leur parlement, où, sauf surprise, l’extrême droite devrait intervenir et proposer un Premier ministre pour succéder à Mario Draghi.
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“Je joue pour gagner, pas pour participer”, a déclaré à la presse Matteo Salvini, leader de la Ligue anti-immigrés, qui voit son parti “sur le podium : premier, deuxième, au pire troisième” alors qu’il se rendait au scrutin. production.
“J’ai hâte de revenir à partir de demain au gouvernement de ce pays extraordinaire”, a ajouté M. Salvini, qui a été vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur dans le premier gouvernement de Giuseppe Conte (2018-2019).
Ont également voté dans la matinée le président de la République, Sergio Mattarella, et Enrico Letta, chef du Parti démocrate (PD, centre-gauche).
A tout juste 45 ans, Giorgia Meloni, leader du parti post-fasciste Fratelli d’Italia, crédité de près d’un quart des suffrages dans les derniers sondages, est la favorite pour diriger un gouvernement de coalition dans lequel l’extrême droite est largement dominée. par le droit classique.
Un tremblement de terre à l’échelle de l’Italie, pays fondateur de la Communauté européenne et troisième économie de la zone euro, mais aussi de l’UE, qui doit composer avec cet idéologue proche du Premier ministre hongrois Viktor Orbán.
“En Europe, tout le monde s’inquiète de voir Meloni au gouvernement (…) La fête est finie, l’Italie va commencer à défendre ses intérêts nationaux”, a-t-elle prévenu pendant sa campagne.
Cette ancienne admiratrice de Mussolini, dont la devise est « Dieu, Patrie, Famille », a réussi à diaboliser son parti et à catalyser en son nom le mécontentement et la désillusion de ses compatriotes en campant dans l’opposition alors que tous les autres partis soutenaient le gouvernement de Mario Draghi depuis unité nationale.
Mais le tableau ne dit pas : “imprévisibles, les élections se jouent sur l’émotion et au dernier moment”, rappelle à l’AFP Emiliana de Blasio, professeur de sociologie à l’université Luis de Rome, tout en soulignant le rôle clé des indécis, estimés à environ 20 % et l’importance du taux de participation final.
Les résultats du Mouvement 5 étoiles (M5S, anciennement contestataire), crédité d’instaurer un revenu minimum pour les plus pauvres, et du PD, bien implanté localement, peuvent réserver des surprises, notamment dans le sud du pays.
Quel que soit le gouvernement issu de l’élection, qui n’entrera en fonction que fin octobre, son parcours s’annonce déjà semé d’embûches.
Il devra gérer la crise provoquée par la flambée des prix alors que l’Italie croule sous une dette représentant 150% du PIB, le ratio le plus élevé de la zone euro après la Grèce.
Dans ce contexte, les retombées du plan européen de relance post-pandémie, dont l’Italie est le premier bénéficiaire, seront essentielles pour pérenniser la péninsule.
“L’Italie ne peut pas se permettre de perdre ces sommes d’argent”, a relevé pour l’AFP l’historien Mark Lazar, raison pour laquelle il considère que le “champ de manœuvre de Meloni est très limité” sur l’économie.
En revanche, il peut renoncer à Bruxelles avec Varsovie et Budapest « en matière de protection de l’intérêt national par rapport aux intérêts européens ».
Comme la Française Marine Le Pen, Giorgia Meloni a renoncé à quitter définitivement la zone euro, mais réclame une “révision des règles du pacte de stabilité”, suspendue en raison de la crise sanitaire, qui a plafonné à 3% du PIB sur le déficit et 60% sur la dette .
Sur les questions sociales, cette pure romaine est ultraconservatrice : « Oui à la famille naturelle, non au lobby LGBT ! Oui à l’identité sexuelle, non à l’idéologie du genre ! Oui à la culture de la vie, non à l’abîme de la mort !”, clamait en juin celui qui promet aussi de lutter “contre l’islamisation de l’Europe”.
Son arrivée au pouvoir verrait également le pays à l’arrêt, où débarquent chaque année des dizaines de milliers de migrants, une perspective qui inquiète les ONG de sauvetage des bateaux fuyant la misère en Afrique.
Si l’instabilité du gouvernement italien est légendaire, les experts s’accordent déjà sur la courte durée de vie de cette coalition, dans laquelle Mme Meloni devra faire beaucoup pour gérer ses alliés encombrants, que ce soit l’increvable Silvio Berlusconi ou Matteo Salvini.
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