Live a Live est un jeu qui remonte à 1994 et à la Super Famicom. A l’époque, il faisait preuve de marginalité, mélangeant plusieurs styles et différents gameplays. Le titre reprend vie 28 ans plus tard et débarque en Europe, en quête de lumière.
Sortir des jeux d’une vieille boîte, les dépoussiérer et les mettre à jour peut être un vrai casse-tête pour les studios. Faire un remake est vraiment une épée à double tranchant. Surtout quand il s’agit d’un titre oublié depuis près de 30 ans qui ressemblait à un OVNI à l’époque. Live a Live est à la fois similaire et différent des autres jeux, sa spécialité est le mélange des genres. Tantôt roman visuel, tantôt jeu de combat, il rappelle aussi ses origines japonaises, tant dans le décor que dans le gameplay.
L’étrange aventure d’Odio
La construction de l’histoire est également surprenante, car elle est présentée dans des chapitres assez différents les uns des autres, tous situés dans des périodes historiques différentes. Le point commun de cette fresque narrative, de la préhistoire au futur lointain, reste le personnage principal, à l’apparence changeante, mais présentant constamment les lettres du mot latin odio, signifiant haine, en son nom. Chaque chapitre raconte sa propre histoire et, bien sûr, chacun d’eux a ses propres spécificités du jeu. La plupart sont réussies, mais les quelques épisodes les plus faibles affectent le rythme global du jeu. Comme le note Gamekult, le travail le plus impressionnant reste la qualité de la modernisation du projet.
Car si la profondeur de Live a Live est restée intacte, sa superficie est moindre. Un travail qui revient à l’équipe d’Asano et au studio Historia, surtout avec la 2D HD, qui connaît un succès fulgurant grâce à l’habile combinaison du charme rétro et de la qualité visuelle. A cela s’ajoute un travail audio conséquent, que ce soit dans le doublage convaincant (japonais) ou la ré-orchestration de toute la bande son du jeu. La coque a certes été rafraîchie, mais le cœur de cette capsule temporelle reste inédit et extraordinaire.
Il faut garder à l’esprit qu’en jouant à Live a Live, vous jouez à un jeu extraordinaire. S’il n’a pas eu de sortie occidentale en 1994, c’est parce qu’il bousculait les codes que le Japon parvenait à peine à faire respecter avec les JRPG. Dans les combats, on sent toujours cette influence japonaise, mais l’individualité particulière des chapitres, qui peuvent être joués dans le désordre, donne une impression de renouveau. Alors quand un chapitre s’avère moins fort que le précédent, la déception se conjugue avec un sentiment de trahison, un vestige du passé. Live a Live démontre au cours de ses courtes trente heures de jeu toute une gamme de disparités, tant dans la qualité des chapitres que dans les gameplays changeants ou dans ces batailles qui oscillent entre plaisir et frustration. La résurrection non sans défauts orchestrée par Squaresoft est surprenante mais convaincante.
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