France

L’offensive des grandes villes contre les “dark shops”

A l’entrée d’une installation Flink, à Paris, le 21 décembre 2021. TUDAL LEGRAND / HANS LUCAS VIA AFP

Un tweet, publié en plein week-end du 15 août, alors que le monde politique fait traditionnellement une pause, a suffi à unir la plupart des maires des grandes villes de France contre le gouvernement. Au cœur du problème se trouvent les “magasins sombres”, ces lieux de livraison express du centre-ville – “vos achats en quelques minutes”, promet la publicité. Du coup, tout le monde a eu peur que le pouvoir exécutif adopte en plein été un texte qui légaliserait “de facto” dans les entreprises ce qu’ils considèrent comme des mini-entrepôts, si ces derniers sont équipés d’un “point de collecte”.

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Pourtant, dans un contexte où chacun dénonce la croissance anarchique de cette activité tournée vers la livraison, les désagréments – publics, environnementaux, sociaux – qui vont avec, et le manque de fonds suffisants pour enrayer le phénomène, les choses vont clairement mal. Le coup de force officiel est venu du compte Twitter d’Emmanuel Grégoire, le premier adjoint au maire de Paris. Mais le premier signal est venu de Villeurbanne (Rhône) et de Lyon, où les services ont été les premiers à faire face à la révision de deux ordonnances d’urbanisme. L’une concerne l’Arrêté Ministériel de novembre 2016, qui fait référence aux “destinations” et “sous-destinations” des constructions.

Un texte essentiel, car il définit les catégories (bureau, résidentiel, commercial, entrepôt, etc.) dans lesquelles chaque bâtiment d’un territoire donné doit être rangé. Pourtant, les élus s’alarment, le document étudié introduit dans la loi la possibilité que les dark shops soient considérés comme un commerce. Face à cette rébellion, Bersi et le ministère du Logement tentent de se calmer. Ce sont des “documents de travail”, “le scrutin continue”, “les élus locaux seront acceptés à la rentrée”, ont-ils insisté en milieu de semaine sans grand succès. Soupçonnant la main des lobbies derrière elle et craignant un rapport de force au sein du gouvernement entre les partisans de la régulation et les plus sensibles à l’innovation et à la création d’emplois, quels qu’ils soient, les maires ont préféré un coup plus fort.

“Contrairement à ce que nous voulons”

Six jours plus tard, une lettre partait pour Matignon. Cette lettre, datée du 19 août, adressée au Premier ministre Elizabeth Bourne, a circulé en France. Paris, Lyon, Villeurbanne, Marseille, Lille, Bordeaux, Besançon, Strasbourg et Montreux (Seine-Saint-Denis) ont signé. Parmi ces leaders des collectivités de gauche et écologistes figurent Stéphane Beaudet, le maire (Les Républicains, LR) d’Evry-Courcouronnes et président de l’Association des maires d’Ile-de-France, ou encore Patrick Ollier, président (LR) de la Métropole du Grand Paris. A la question des dark shops s’ajoute celle des « dark kitchens », ces restaurants dédiés à la livraison.

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