France

Luis Boyard et Daniel Obono refusent de serrer la main des députés RN

CHRISTOPH ARCHAMBO via AFPP photo de l’Assemblée nationale le 28 juin 2022, lors du vote pour l’élection de Yael Brown-Pivet

POLITIQUE – Pour une bonne ambiance en demi-cycle il vous faudra repasser. La présence de députés du Rassemblement national à l’Assemblée nationale est préoccupante, surtout de gauche. Ce mardi 28 juin, lors de la première séance pour l’élection du titulaire de Perchoar, certains députés du NUPES ont refusé de serrer la main de leurs collègues du RN.

Lors de cette première séance, les députés n’ont pas siégé par groupes – la composition sera établie au Journal officiel mercredi – mais par ordre alphabétique. Cela a provoqué des situations assez incroyables : ainsi l’adjoint du LFI pour Paris, Daniel Obono, s’est retrouvé assis à côté de… Julien Audul, l’adjoint RN de Jonas.

Les deux élus entretiennent une haine commune, Insoumise bloquant même son adversaire politique sur Twitter. “C’est presque une évidence”, a ironisé Julien Audul avant le début de la séance. Un représentant de la gauche radicale, Daniel Obono, n’aimait pas être élu à l’extrême droite. Comme l’a remarqué une collègue de Paris Match, elle a refusé de serrer la main de Julien Audul lorsqu’ils se sont retrouvés sur les bancs.

Le RN Julien Odoul vient de s’asseoir à côté de Danielle Obono, il lui tend la main, elle l’ignore superbement. #directAN

— Ghislain de Violet (@gdeviolet) 28 juin 2022

Ce mardi à 15 heures, j’aurai l’honneur de siéger au siège 457 de l’hémicycle pour l’ouverture de la 16e législature. Les blagues alphabétiques signifient que je serai une voisine de ma collègue Danièle #Obono de La @FranceInsoumise. C’est presque de la haine 😜 #DirectANpic.twitter.com/rwZ97hhzGP

— Julien ODUL (@JulienOdoul) 27 juin 2022

Sans commenter la poignée de main, Daniel Obono a tweeté une photo d’un petit triangle rouge attaché à sa veste “A la boutonnière”, écrit-elle, ainsi que des émojis de lutte.

Les significations de ce triangle sont nombreuses : il est lié à la fois à la lutte des ouvriers et à la lutte contre les idées d’extrême droite.

C’est pourquoi Jean-Luc Melenchon le porte à sa veste depuis des années. “Ce sont les communistes déportés”, expliquait-il en 2011. J’en avais marre d’être comparé au Front national. Et je me suis dit : “Qu’est-ce que je peux porter ?” Et un camarade belge m’a dit : “C’est l’insigne des déportés communistes dans les camps de concentration nazis. Et depuis je l’enfile et je ne l’enlève plus jusqu’à ce qu’on avale ce qu’ils ont dit sur moi », a expliqué l’actuel patron de LFI.

🔻A la boutonnière ✊🏾 https://t.co/glxYNHKSqepic.twitter.com/6T0uwraRoK

– Adjoint Obono (@Deputee_Obono) 28 juin 2022

Luis Boyard est décrit comme un “ancien dealer” par un RN sélectionné

Cet échange de politesses n’était pas le seul entre NUPES et RN. Louis Boyard, député NUPES du Val de Marne, a lui aussi refusé de serrer la main des élus du parti lépéniste, se contentant d’un clin d’œil au passage de Philippe Ballard, élu dans l’Oasis.

En raison de son jeune âge et conformément aux exigences du règlement du Palais Bourbon, il est élu secrétaire du bureau de l’Assemblée nationale. Il s’est donc présenté aux urnes lors du second tour de scrutin pour élire le président du demi-cercle, ce qui lui a donné l’occasion d’afficher ouvertement son opposition au RN.

Cette attitude a été critiquée par certaines IA. Hélène Laporte, députée du Lot-et-Garonne, a accusé Luis Boyard d’être « devenu un ancien dealer. Pour certains, le respect et les mœurs républicaines semblent très éloignés », a reproché l’élu. Avant d’entrer en politique, Luis Boyard a participé à des réseaux militaires, notamment en tant que président de l’UNL (Union nationale des lycéens). Participant au mouvement des gilets jaunes, il a été blessé par un tir du LBD.

Luis Boyar refuse de serrer la main des députés RN 👏👏 pic.twitter.com/yoc8Pjx10j

— Vilain Syndicaliste (@MarxFanAccount) 28 juin 2022

Avec 89 eurodéputés, dont l’ancien candidat à la présidentielle Marin Le Pen, le RN n’a jamais été aussi bien représenté à l’Assemblée. Ce mardi, l’un de leurs élus, le doyen des députés, a ouvert la séance par une remarque touchante dans son discours sur l’Algérie française. Ce qui a immédiatement ulcéré la partie gauche.

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