France

L’Union européenne donne son feu vert aux candidatures de l’Ukraine et de la Moldavie

C’était une décision très attendue par les autorités ukrainiennes. Vingt-sept dirigeants ukrainiens et moldaves ont reconnu jeudi leur statut de candidats à l’Union européenne, a déclaré dans la soirée le président du Conseil européen Charles Michel, appelant à un “moment historique” près de quatre mois après l’invasion militaire russe. Le sommet de l’UE était consacré à l’octroi du statut de candidat aux deux pays.

“Moment historique”, “signal très fort à la Russie”

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est immédiatement félicité sur Twitter “d’un moment unique et historique dans les relations Ukraine-UE”, affirmant avoir déclaré que “l’avenir de l’Ukraine est au sein de l’UE”. C’est un “signal très fort adressé à la Russie”, a déclaré le président français Emmanuel Macron. Il a salué un “geste politique” d’une “Europe forte et unie” lors d’une conférence de presse à Bruxelles.

Pour voir ce contenu sur Twitter, vous devez accepter les cookies Des médias sociaux.

Ces cookies vous permettent de partager ou de répondre directement aux réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés, ou d’intégrer des contenus initialement postés sur ces réseaux sociaux. Ils permettent également aux réseaux sociaux d’utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de publicité.

autoriser

Gérer mes élections

Surtout une solution symbolique

Ce feu vert n’était plus une surprise. Le 16 juin, lors d’un déplacement à Kyiv avec ses homologues italien, allemand et roumain, le président français Emmanuel Macron s’est entretenu avec Vladimir Zelensky pour dire : “Nous soutenons tous les quatre le statut de candidat immédiat à l’adhésion à l’Union européenne”. Le lendemain, la Commission européenne a rendu un avis favorable à la candidature de l’Ukraine, et encore mardi, la France, qui assure la présidence tournante du Conseil de l’UE, a indiqué qu’un “plein consensus” s’était dégagé entre les 27 pays.

Mais c’est surtout une décision symbolique, car le processus d’adhésion à l’Union européenne est très long. Plusieurs pays des Balkans occidentaux sont encore sur le front européen, certains depuis plus d’une décennie : la Macédoine du Nord est candidate depuis 2005, le Monténégro depuis 2010, la Serbie depuis 2012 et l’Albanie depuis 2014. La Bosnie-Herzégovine et le Kosovo, qui n’est pas reconnu par cinq membres de l’UE, n’est encore qu’un “candidat potentiel”. Un fait que le Premier ministre albanais Edi Rama a ironiquement rappelé jeudi : « La Macédoine du Nord est candidate depuis 17 ans, si je n’ai pas perdu le nombre, et l’Albanie depuis huit ans, alors bienvenue en Ukraine. “L’adhésion prendra du temps”, a confirmé le Premier ministre belge Alexander De Cru.

L’Ukraine et la Moldavie devront en effet mener des réformes dans la lutte contre la corruption et l’indépendance de la justice avant un premier bilan d’ici la fin de l’année. “Tout pays qui remplit les critères d’adhésion peut postuler. Ces critères, connus sous le nom de “critères de Copenhague”, concernent une économie de marché qui fonctionne, une démocratie stable et l’État de droit, ainsi que l’adoption de toute la législation européenne, y compris l’euro. », rappelle l’Union européenne sur son site internet.

Appartenir à la “famille européenne”

De plus, “il est très difficile d’imaginer un élargissement alors que l’Ukraine est en guerre”, estime le politologue Hendrik Voss de l’université de Gand en Belgique, interrogé par l’AFP. L’adhésion doit avoir une certaine forme de résolution des conflits.” La révision expresse de la candidature de Kyiv, présentée en février, a en effet été d’une rapidité sans précédent, justifiée par la guerre.

Outre les avantages politiques et économiques, l’acceptation de sa candidature a une dimension d’appartenance à la « famille européenne », qui protège ses membres. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a également répété à plusieurs reprises que son pays appartenait à la “famille européenne”. Cela pose également la question de l’adhésion de l’Ukraine à l’Europe de la défense, alors que les dirigeants français et allemands se sont engagés à poursuivre leur soutien militaire à Kyiv. En tout cas, l’Ukraine s’est déclarée “prête” à travailler pour devenir “membre à part entière” de l’Union, a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky.